Malgrès la recession, la BCE maintient ses taux inchangés

Malgrès la recession, la BCE maintient ses taux inchangés

La Banque centrale européenne (BCE) a décidé aujourd’hui de maintenir son taux d’intérêt directeur à 4,25 %. Son président Jean-Claude Trichet a assorti cette décision d’un aveu : il a reconnu que l’objectif d’inflation de 2 % ne serait pas atteint avant 2010. Dans deux ans donc.

La BCE a également publié les dernières projections trimestrielles de l’Eurosystème qui anticipent que l’inflation devrait être plus forte que prévu en 2008 et 2009, tandis que la croissance devrait être beaucoup plus faible qu’espéré. L’Eurosystème table désormais officiellement sur un taux d’inflation pour l’ensemble de la zone euro autour de 3,5 % sur l’année 2008 et sur une inflation comprise de 2,3 à 2,9 % dans la zone euro en 2009.

Pour la croissance, les estimations ont été encore revues à la baisse : elle devrait être comprise entre 1,1 et 1,7 % en 2008 et entre 0,6 et 1,8 % en 2009, soit 1,4 % et 1,2 % respectivement en milieu de fourchette. Encore ne s’agit-il que de prévisions officielles, qui peuvent fort bien être encore revues dramatiquement à la baisse.

Jean-Claude Trichet a par ailleurs souligné que les 21 membres du conseil des gouverneurs de la BCE – représentant les différents Etats membres dont la France – avaient décidé à l’unanimité de maintenir le taux de refinancement à 4,25 %.

COMMENTAIRE

Alors même que la zone euro est entrée en récession avec une décroissance de son PIB au cours du deuxième trimestre 2008 (cf. notre dépêche d’hier), la BCE a donc une nouvelle fois décidé de maintenir son taux d’intérêt directeur à un niveau qui contribue à ralentir l’économie. Appliquant rigoureusement le Traité de Maastricht qui ne lui fait obligation que de combattre l’inflation, la BCE préfère donc voir les économies européennes sombrer dans la récession – avec les drames humains que cela va provoquer, à commencer par une remontée du chômage – plutôt que de voir l’inflation flirter avec les 4 %.

Il faut bien comprendre que ce choix témoigne d’une rigidité idéologique qui n’existe nulle part ailleurs sur la planète, et notamment pas aux États-Unis ou au Japon. Aussi ne faut-il pas s’étonner de voir la zone euro être la première à entrer en récession.

Il est également intéressant de noter que c’est bien A L’UNANIMITE du collège des gouverneurs de la BCE que cette politique malthusienne a été reconduite. Cela prouve notamment que Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, a explicitement approuvé la politique de M. Trichet. Certes, dira-t-on, la Banque de France est indépendante du pouvoir politique en France ; mais à qui fera-t-on croire que M. Noyer aurait pu tenir tête au gouvernement français si celui-ci l’avait sommé de demander une baisse du taux de refinancement de la BCE lors de la réunion du collège des gouverneurs ?

Cette information n’est donc pas anodine. Elle apporte une nouvelle fois la preuve de la duplicité du gouvernement français. Toujours prompts à dénoncer la politique de la BCE devant les medias français, nos responsables politiques sont également toujours prompts à donner discrètement leur feu vert à cette politique dans le dos des Français, une fois refermées les portes capitonnées de la BCE.

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