25 avril 2024

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Journée mondiale de l’obésité : regards croisés USA/France

Une enquête exclusive NYC.fr / FLASHS

Journée mondiale de l’obésité : regards croisés USA/France

À l’occasion de la journée mondiale de l’obésité le 4 mars, NYC.fr et l’agence spécialisée en data FLASHS se sont associés pour mener une vaste enquête des deux côtés de l’Atlantique en interrogeant 1 000 Américains et 1 000 Français sur leur perception de ce sujet de santé publique ô combien important.

De l’évaluation de leur propre statut pondéral aux causes identifiées de l’obésité et du surpoids, de la grossophobie et du body positivisme aux régimes en passant par la culpabilité du grignotage et la comparaison des modes d’alimentation ici et là-bas, cette enquête offre un panorama complet de l’opinion publique de nos deux pays.

Partageant certains constats, divergeant sur d’autres, Américains et Français témoignent tout autant de leurs préoccupations que de leurs préjugés, non sans sévérité parfois, en matière d’obésité et de surpoids.

Une sous-estimation partagée de l’obésité

Une sous-estimation partagée de l'obésité

Un constat s’impose d’emblée : des deux côtés de l’Atlantique, les taux d’obésité déclarés sont très nettement inférieurs aux estimations officielles. Aux États-Unis, 8% des personnes interrogées se déclarent obèses alors que le rapport 2023 de l’organisation Trust for America’s Health1 indique qu’elles sont en réalité 42% dans ce cas.

En France, quand bien même l’obésité est clairement moins prégnante puisque évaluée à 17% de la population adulte2, seulement 3% des répondants placent leur situation pondérale dans cette catégorie. Méconnaissance de sa propre situation, déni de réalité ou biais de désirabilité ?

Les chiffres relatifs au surpoids – 40% des Américains et 33% des Français disent l’être – sont pour leur part plus en phase avec les résultats d’études conséquentes sur le sujet. Quant au poids de forme, s’il semble légèrement surévalué en France (56%), il l’est manifestement aux États-Unis (41%).

Plus de régimes aux USA qu’en France

Plus de régimes aux USA qu'en France

Si perdre du poids est une préoccupation bien présente dans nos deux pays, elle s’affirme dans des proportions significativement différentes. Ainsi, quand 45% des Français (53% des hommes contre 38% des femmes) indiquent ne pas avoir suivi de régime au cours des 5 dernières années, les Américains ne sont que 30% dans ce cas.

L’engagement dans des régimes multiples varie presque du simple au double, 11% des Français ayant entamé plus de 5 régimes sur la période contre 18% Outre-Atlantique. En l’espèce, les Américaines (23%) sont sensiblement plus nombreuses que les Françaises (16%) à avoir franchi la barre des 5 régimes sur les 5 dernières années.

Grignotage : une culpabilité plus française qu’américaine

Grignotage : une culpabilité plus française qu'américaine

En France, les repas suivent généralement une structuration assez formelle – petit déjeuner, déjeuner et diner -, tandis qu’il n’est pas rare pour les Américains de prendre un copieux petit-déjeuner, de manger plus légèrement le midi, voire de sauter le déjeuner, puis de diner bien plus tôt, vers 18h.

Aux USA, le grignotage (snacking) est traditionnellement plus répandu et mieux accepté qu’en France, ce qui explique très certainement la moindre culpabilité ressentie par les Américains lorsqu’on les interroge sur le sujet. En effet, quand un quart (25%) d’entre eux disent se sentir coupables lorsqu’ils mangent entre les repas, la proportion grimpe à 41% chez nos compatriotes.

La culpabilité est également plus grande dans l’Hexagone quand on grignote en regardant la télévision ou des séries (28% contre 21%), mais moins importante quand il s’agit de manger plus que les personnes avec lesquelles on se trouve (12% des Français la ressentent contre 19% des Américains).

S’il est un point sur lequel tout le monde se retrouve, c’est celui de se sentir coupable en dégustant des aliments trop gras ou trop sucrés puisque 37% des Français et 36% des Américains le mentionnent. Au global, seule une minorité (17% en France et 18% aux États-Unis) déclare ne jamais éprouver de culpabilité dans l’une ou l’autre de ces situations.

Le manque de volonté pointé du doigt

Le manque de volonté pointé du doigt

Bien que de multiples facteurs médicaux et psychologiques puissent expliquer une forte prise de poids, un nombre important d’Américains (45%) et de Français (37%) estiment qu’il s’agit d’abord d’un manque de volonté des personnes concernées.

Des deux côtés de l’Atlantique, plus de 4 répondants sur 10 partagent également la conviction que l’obésité est principalement due à un manque d’exercice. 56% des Français et 68% des Américains estiment d’ailleurs que combiner exercice physique et meilleure alimentation est une solution suffisante pour surmonter l’obésité.

Pour autant, être mince ne suffit pas à se sentir bien dans sa tête et dans son corps : plus du tiers des Français (39%) et plus de la moitié des Américains (54%) rejettent cette idée quand 29% des premiers et 22% des seconds y adhèrent. Enfin, une large majorité se dégage en France (76%) et aux États-Unis (61%) pour dire que le culte de la minceur est trop présent dans les médias.

Fat shaming et grossophobie

Fat shaming et grossophobie

Le fat shaming, ou fait de se moquer d’une personne en raison de son poids, est à l’évidence un phénomène plus courant aux USA qu’en France. 1 Américains sur 2 disent en avoir déjà été victimes ou témoins contre un peu plus d’1 Français sur 3. Dans le détail des chiffres, le phénomène touche plus fortement les jeunes que leurs aînés : en France, 53% des 18-24 en ont été victimes ou témoins contre 14% des plus de 65 ans, moins exposés notamment aux réseaux sociaux, terrains propices à ce type de comportements.

ou sont les grossophobes

Tout aussi condamnable, la grossophobie s’exprime de manière quelque peu différente entre nos deux pays. Ainsi, plus d’un Américain sur cinq (22%) estime normal que l’on refuse un emploi à quelqu’un en raison de son poids, une opinion partagée par 14% des Français.

De même, 31% des Américains justifient le fait de s’agacer quand une personne obèse prend trop de place dans les transports en commun, soit 10 points de plus que parmi les Français (21%). Plus sévères, les Américains le sont également lorsqu’on leur demande s’ils sont d’accord avec le fait qu’une personne obèse puisse renvoyer une image négligée d’elle-même : 36% accréditent cette idée contre 28% des Français.

Le body positivisme, atout ou obstacle ?

Le body positivisme, atout ou obstacle ?

Face au fat shaming et à la grossophobie s’est développé depuis plusieurs années le body positivisme, mouvement qui prône l’acceptation de son corps quels que soient sa taille, son poids ou encore son apparence. Des deux côtés de l’Atlantique, on salue le body positivisme comme facteur d’une meilleure acceptation de soi (72% aux USA, 66% en France) et l’on juge qu’il s’agit là d’un moyen efficace pour lutter contre les pratiques moqueuses ou discriminatoires (51% des Français et 49% des Américains le pensent).

Toutefois, une part non négligeable des deux panels estime également que le body positivisme peut être de nature à encourager les personnes obèses ou en surpoids à le rester. C’est en effet le cas de 30% des Français (contre 24% qui ne sont pas d’accord) et de 37% des Américains (contre 31% qui ne sont pas d’accord).

Produits transformés, publicité et sédentarité

Produits transformés, publicité et sédentarité

Interrogés sur les facteurs qui contribuent au développement de l’obésité, Français et Américains font montre de plusieurs points de convergence. Ils sont ainsi très majoritairement d’accord (73% en France et 69% aux États-Unis) pour dire que les produits transformés en constituent une cause majeure. De même, la publicité pour les aliments malsains est pointée du doigt par 69% des répondants dans l’Hexagone et 64% de ceux résidant Outre-Atlantique, tandis que le coût des aliments sains explique pour plus de la moitié des Français et des Américains (respectivement 53% et 51%) la difficulté à se procurer une nourriture équilibrée.

Sans surprise, manger de trop grosses quantités est considéré comme une cause principale de l’obésité et du surpoids pour environ 7 personnes interrogées sur 10, tout comme la sédentarité pour les trois quarts des Français (75%) et pour 6 Américains sur 10 (61%). Enfin, une proportion notable dans les deux pays (44% en France et 50% aux USA) reconnait que l’obésité peut résulter, au-delà du contrôle individuel, de facteurs médicaux.

L’alimentation à la française jugée plus saine ici et là-bas

L'alimentation à la française jugée plus saine ici et là-bas

Mis en avant à plusieurs reprises, soit par leur qualité, soit par leur quantité, soit encore par la fréquence des grignotages hors repas, il était intéressant de mesurer la perception croisée des deux panels sur les modes d’alimentation respectifs. En l’espèce, l’alimentation à la française est clairement perçue comme bien plus saine pour la santé.

61% des Américains estiment en effet que leur manière de s’alimenter est plus susceptible d’entrainer des problèmes d’obésité, une opinion partagée par 77% de nos compatriotes.

Les Américains (65%) sont plus nombreux que les Américaines (59%) à le penser.

L’obésité, sujet tabou et difficile

L'obésité, sujet tabou et difficile

Quand bien même, comme on l’a vu plus haut, Français et Américains sous-estiment leur propre statut pondéral, la prévalence plus forte de l’obésité aux États-Unis se confirme quand on interroge leurs habitants sur la connaissance qu’ils ont dans leur entourage proche d’une personne obèse.

Près de 8 sur 10 (79%) répondent par l’affirmative, soit 18 points de plus que les Français (61%). Des deux côtés de l’Atlantique, les répondants sont plus nombreux à considérer que lobésité est un sujet tabou (52% en France, 43% aux USA) plutôt qu’il ne l’est pas (22% en France, 28% aux USA). Une perception qui explique la difficulté éprouvée de manière similaire à parler obésité avec une personne obèse, difficulté reconnue par 61% des Français et 58% des Américains.

Toutefois, l’importance de fournir un soutien émotionnel à une personne obèse dans son parcours de perte de poids est largement plébiscitée par 79% des répondants français et 82% des répondants américains. Quant à savoir si les personnes obèses sont moins discriminées que par le passé, les opinions sont très partagées ici et là-bas. En France, 36% des personnes interrogées le pensent contre 28% qui ne le croient pas et 37% qui n’expriment pas d’opinion. Aux États-Unis, 36% répondent également par l’affirmative, 33% par la négative et 32% n’ont pas d’avis sur la question.

Implication des pouvoirs publics : les Français plus critiques

Implication des pouvoirs publics : les Français plus critiques

À l’issue de ce tour d’horizon très complet, les répondants ont été séparément questionnés sur leur perception de l’intérêt porté par leurs pouvoirs publics respectifs à la problématique de l’obésité. Les résultats montrent que les Français s’avèrent bien plus critiques sur le sujet : 46% de nos compatriotes jugent en effet insuffisants les efforts des pouvoirs publics contre 24% qui pensent qu’ils en font assez dans ce domaine. Aux USA, l’opinion est partagée entre les 34% qui jugent cet investissement satisfaisant et les 36% qui pensent le contraire. 

Enquête réalisée par Selvitys pour NYC.fr et FLASHS du 24 au 26 février 2024 par questionnaire auto-administré auprès d’un échantillon de 1 000 Américains et 1 000 Français, représentatif de la population âgée de plus de 18 ans des deux pays.

1 Trust for America’s Health, rapport annuel 2023.

2 Etude de la ligue contre l’Obésité coordonnée par des chercheurs de l’INSERM et du CHU de Montpellier.

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