21 juin 2024

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Solitude : les Français plébiscitent la compagnie des animaux

Solitude : les Français plébiscitent la compagnie des animaux

Sondage IFOP pour Goodflair à l’occasion de la Journée des solitudes du 23/01/2024.

Interviews du 9 au 11 janvier 2024, auprès d’un échantillon de 2432 personnes, représentatif de la population française.

À l’occasion de la Journée mondiale des solitudes le 23 janvier, Goodflair a mandaté l’IFOP pour interroger près de 2 500 Françaises et Français sur la manière dont ils appréhendent le fait de se sentir seuls.

Les résultats de cette étude montrent notamment que près de la moitié de la population dit régulièrement vivre une situation d’isolement. Si elle n’affecte pas toutes les personnes interrogées – certaines recherchant à être seules -, la solitude engendre d’importantes souffrances chez celles et ceux qui la subissent plutôt qu’elles ne la choisissent.

Un nombre non négligeable de nos concitoyens tentent de combler ce désarroi psychologique en adoptant ou en achetant un animal de compagnie. Une démarche confortée par l’écrasante majorité des Français qui sont plus de 8 sur 10 à estimer que les interactions avec un animal de compagnie sont autant, voire plus réconfortantes que celle avec des humains lorsque l’on se sent seul.

La famille d’abord, les voisins rarement

En matière d’interactions, la famille apparaît sans surprise comme le principal réseau de socialisation. 81% de personnes interrogées par l’IFOP passent du temps avec leurs proches au moins une fois par mois, dont 30% tous les jours ou presque, et 57% au moins une fois par semaine. Viennent ensuite les amis (33% les fréquentent au moins une fois par semaine), puis d’autres personnes au sein de groupes ou d’associations (44% au moins une fois par mois).

Dans une moindre mesure, les collègues sont également présents pour 26% des sondés qui les voient au moins une fois par mois en dehors du cadre professionnel. Enfin, les relations avec le voisinage sont les moins assidues : 26% des Français ne fréquentent jamais leurs voisins et 38% échangent avec eux quelques fois par an, voire moins souvent.

Les jeunes se sentent plus seuls que les autres

44% des Français disent se sentir seuls de manière régulière, dont 18% fréquemment, voire tous les jours ou presque. En légère baisse ces dernières années (ils étaient 48% en 2020 et 50% en 2022), ce chiffre global masque des disparités notables selon les groupes d’âge et les catégories socio-professionnelles.

Ce sentiment de solitude est particulièrement élevé chez les 18-24 ans, 62% d’entre eux exprimant régulièrement cette sensation, un taux nettement supérieur à celui observé chez les seniors, où seulement 37% des plus de 65 ans rapportent ce ressenti.

Les femmes (48%) en font également état de manière plus prononcée que les hommes (40%). Cet état d’isolement pèse aussi fortement sur les inactifs (60%) et parmi les catégories les plus précaires de la population (59%).

Une moitié souffre de sa solitude, l’autre non

Pour autant, loin d’être un fardeau, la solitude est pour la majorité des Français un état qu’ils peuvent apprécier. 58% disent en effet qu’il leur arrive de la rechercher quand 21% indiquent au contraire tout faire pour l’éviter.

Les résultats de cette étude montrent également que ses effets partagent les Français qui se sentent régulièrement seuls à parts quasiment égales entre ceux qui ne souffrent pas de leur situation (51%) et ceux qui en ressentent les affres (49%).

Les jeunes adultes sont de loin les plus affectés dans la mesure où plus de 6 sur 10 (63%) disent qu’elle est pour eux source de souffrance. Ce sentiment de solitude affecte également de manière significative les citoyens les plus défavorisés (59%) ainsi que les résidents de l’agglomération parisienne (57%).

Des conséquences psychologiques importantes

Les répercussions de la solitude ne se limitent pas à l’aspect social, elles s’étendent également à la santé mentale. Pour nombre de celles et ceux qui le subissent, l’isolement n’est pas sans entraîner de graves conséquences sur leur santé psychique.

Ainsi, 67% des personnes se sentant régulièrement seules ont déjà pleuré, dont 41% au cours des 12 derniers mois. Dans des proportions identiques, plus de 6 sur 10 (66%, dont 40% lors de l’année écoulée) indiquent avoir vécu des périodes intenses de stress, de nervosité ou d’anxiété en relation avec leur solitude et 61% ont rencontré des troubles du sommeil.

La moitié (50%) des répondants font aussi mention d’états dépressifs, un tiers (34%) de pensées suicidaires et 3 sur 10 (30%) de dysfonctionnement de leur libido.

Au total, 82% de personnes concernées par des épisodes d’isolement ont rencontré au moins l’un de ces troubles au cours de leur vie. Dans le détail des chiffres, ces différents troubles affectent plus fortement la gent féminine (86% en sont victimes contre 76% chez les hommes), les moins de 25 ans (90%), les catégories socio-professionnelles aux revenus les plus faibles (88%) ainsi que les résidents de l’agglomération parisienne (90%).

Les réseaux sociaux en premier recours

Pour rompre leur isolement, les Français se tournent massivement vers les réseaux sociaux. Près de 7 sur 10 ont ainsi déjà surfé sur Facebook, Instagram et autres TikTok pour pallier leur sentiment de solitude, dont 37% disent le faire fréquemment.

36% des personnes interrogées vont régulièrement ou occasionnellement dans différents lieux publics, comme les musées, les parcs ou encore les bars. Un tiers (32%) des répondants indiquent par ailleurs avoir déjà consommé de l’alcool ou parcouru des sites de rencontre en solo.

Deux substituts auxquels les hommes ont beaucoup plus recours que les femmes : une part importante d’entre eux (41%) se sont rendus sur des sites de rencontre (contre 26% des femmes) et près de la moitié (45%) ont consommé seuls de l’alcool (22% des femmes s’y étant également adonnées).

Enfin, 13% disent avoir déjà trompé leur solitude en conversant avec les chatbots d’intelligence artificielle, une pratique probablement amenée à se développer avec l’émergence d’outils conversationnels avancés de type ChatGPT.

Parc, cinéma, bars : seul ou à plusieurs ?

D’une manière plus générale, et hormis les parcs dans lesquels les deux tiers (65%) des personnes interrogées indiquent qu’il leur arrive de se rendre sans compagnie, de nombreuses activités sont vues comme s’effectuant à plusieurs, quand bien même l’on aimerait également les pratiquer en solitaire.

C’est le cas du restaurant, où plus de 6 Français sur 10 ne se rendent pas seuls alors que 15% en auraient l’envie. C’est aussi vrai pour le cinéma (33% s’y rendent en solo, 19% aimeraient le faire, mais ne le font pas) et, dans une moindre mesure, pour les bars dans lesquels une très forte majorité (75%) ne se rendent qu’accompagnés quand seulement 9% s’interdisent d’y aller seuls.

L’animal bien plus réconfortant que l’humain

Face à la solitude, les Français sont catégoriques : la présence d’un animal de compagnie est pour 45% d’entre eux plus réconfortante que les interactions humaines quand, pour 40%, elle l’est tout autant.

Seuls 15% trouvent les relations avec d’autres personnes plus réconfortantes que celles que l’on peut avoir avec un animal lorsque l’on se sent seul. Cette perception est partagée dans des proportions similaires par toutes les tranches d’âge et légèrement plus par les femmes (89%) que par les hommes (82%).

Un besoin de compagnie à combler

Près du tiers (32%) des propriétaires disent avoir adopté ou acheté un animal de compagnie pour se sentir moins seuls, qu’il s’agisse de leur motivation principale (9%) ou secondaire (23%). Parmi celles et ceux pour lesquels cela a joué un rôle, les jeunes de 18 à 24 ans (45%), les personnes appartenant aux catégories pauvres (46%) et les habitants de la région parisienne (45%) sont les plus nombreux à le dire. Il en est de même pour les personnes isolées (45%) et celles disant souffrir de solitude (50%).

Rupture sentimentale, décès d’un être cher ou bien départ des enfants du foyer : plus d’un propriétaire sur cinq (21%) a accueilli un animal pour combler le besoin de compagnie à la suite de l’un ou l’autre de ces épisodes de vie.

C’est, là encore, chez les plus jeunes que les chiffres sont les plus élevés, 36% des 18-24 ans avançant cette raison comme motivation. Soulignons également que 11% des Français ayant déjà adopté ou acheté un compagnon à deux ou quatre pattes l’ont fait parce qu’ils ne voulaient ou ne pouvaient avoir d’enfant.

Enquête réalisée par l’IFOP pour Goodflair par questionnaire autoadministré du 9 au 11 janvier 2024 auprès d’un échantillon de 2 432 personnes (dont 1 100 se déclarant régulièrement seules), représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Source : Les Français et la solitude – IFOP/Goodflair 2024Googflair

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