Église : Il n’est pas de secret qui tienne face au mal

Église : Il n’est pas de secret qui tienne face au malPar respect pour ceux qui ont accepté de témoigner, il est important de ne pas cesser de parler du rapport de la commission Sauvé sur les abus sexuels dans l’Église. Mais, il serait dommageable de le réduire à un simple audit, permettant de remédier à des dysfonctionnements et aux exactions de quelques individus, brebis galeuses qu’il ne faudrait pas confondre avec le reste du troupeau et ses pasteurs.

Le rapport de la commission Sauvé n’est pas une révélation, c’est une confirmation. C’est là un faux problème, dont il faudrait refuser de débattre, car il revient à escamoter une fois encore la réalité.

Lorsqu’une victime fait part à un prêtre d’abus sexuels, nous ne sommes plus dans le cadre de la confession, mais de la nécessité de dénonciation d’un crime auprès des autorités policières.

SUR LE MÊME SUJET >> En France, Il y a eu entre 2 900 et 3 200 pédocriminels au sein de l’église catholique

Il ne s’agit pas d’individus que la confession et la repentance qu’elle implique pourraient remettre dans le droit chemin. Il ne s’agit pas uniquement d’individus, dont il faut condamner les actes, mais d’une institution qui a organisé l’absence de toute dénonciation. Certains ont, à lire le rapport, jugé eux-mêmes ce qui devait être soumis à la sanction du droit, se plaçant ainsi hors de tout cadre juridique, dans une sorte de zone de non-droit – qu’il soit canonique, pénal ou du travail. Ce qui fait système, c’est la manière dont les autorités ecclésiastiques ont connu et fermé les yeux sur les crimes commis, en bénéficiant, de la part des laïcs, qui en avaient connaissance, d’une complicité dans la compromission.

Il n’est pas de secret qui tienne face au mal. L’Église doit retrouver un langage de sincérité et non recourir à des procédés d’euphémisation, pour reprendre les termes de Jean-Marc Sauvé ou un détournement de la question, comme c’est le cas avec le secret de la confession. Non, l’Église n’est pas pour l’heure « une maison sûre pour tous », comme le souhaite le pape François.

Laurence Devillairs est normalienne, agrégée et docteure en philosophie

Gérald Darmanin a déclaré ce mardi avoir rappelé au président de la conférence des évêques de France qu’aucune loi n’était supérieure à celles de la République et que le secret de la confession dans l’Église catholique ne saurait servir de justification pour ne pas dénoncer des crimes sexuels commis contre des enfants.

Vous pouvez également aimer

Laisser votre commentaire