27 février 2024

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Depuis 30 ans, les salaires baissent, sauf au sommet

salaireDans une note de recherche non encore publiée, l’économiste Jacques Sapir explique pourquoi malgré la déflation salariale, la part des salaires dans la valeur ajoutée n’a pas baissé depuis 1990. En cause: la hausse des salaires les plus élevés et la transformation de revenus du capital en salaires.

La question du «partage de la Valeur Ajoutée» a suscité de nombreux débats en France depuis le début de la crise.

Sans avoir atteint le niveau des Etats-Unis ou de la Grande-Bretagne, la baisse relative sur longue durée des revenus salariaux a été invoquée comme l’une des causes de la fragilité de l’économie française.

Cependant, la diversité de ces mêmes revenus salariaux, qui incluent désormais ce qui était autrefois des revenus du capital, pose le problème de ce que l’on mesure.

Enfin, l\u2019impact du libre-échange sur l’évolution des rémunérations salariales est aussi un facteur qu’il faut pouvoir estimer.

La part des salaires est stable de 1955 à 1973, avant de connaître une amélioration sensible de 1974 à 1982.

Ce mouvement cependant s’inverse dès 1983 (effets du plan Delors) et le premier septennat de François Mitterrand apparaît ainsi marqué par une forte dégradation de la part des salaires, qui passe en dessous de sa moyenne de la période 1955-1973.

Le phénomène de «salarisation des profits» doit aussi être inclus dans le calcul.

Les rémunérations les plus élevées s’expliquent par le fait que ce sont en fait des parts de profits qui sont ainsi distribuées sous la fiction de salaires ou de primes.

Graphique 3 Graphique 3 L’évolution des salaires nets avec celle de la productivité permet d’affiner l’analyse.

Le premier fait marquant est donc que la politique dite de «rigueur» s’est étendue ici sur les 2 septennats de François Mitterrand et non sur le seul premier.

Ce calcul montre que ces deux droites sont bien corrélées temporellement mais que leur pente est sensiblement différente.

La loi des 35 heures n’a permis que de compenser le décrochage antérieur.

Elle n’a nullement permis de retrouver une forte corrélation avec les gains de productivité.

Ce décrochage est l’image statistique de l’impact sur les 50% des salaires inférieurs de la contrainte que représente le libre-échange.

Le salaire médian a stagné à partir de 2002 à 104% de son niveau de 1996 en 2006, alors que le salaire moyen est au-dessus de 112%.

Ceci, accompagné de la hausse régulière quoique à un niveau inférieur à celle de la productivité du salaire moyen est un bon indicateur de la pression exercée sur la partie inférieure des rémunérations par les importations en provenance des pays à faibles coûts salariaux.

L’impact des importations en provenance des pays à faibles coûts salariaux semble donc très fort dans la troisième période, même si on peut certainement commencer à en repérer les effets dès la fin de la première période. Source

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