Le “Financial Times” vole au secours de François Hollande

Le Financial Times (FT), très lu dans les salles de marchés, a salué dans un éditorial, lundi 9 avril (accès payant), la prise de position du candidat socialiste en faveur de l’adoption d’une stratégie de croissance en Europe. Moqué par l’UMP pour avoir affiché sa volonté de renégocier le pacte budgétaire impulsé par Angela Merkel, qui met uniquement l’accent sur la réduction des déficits publics, François Hollande pourra compter sur “un nombre croissant de politiciens”, favorable à ce véritable renversement de stratégie, se félicite le célèbre quotidien britannique.

C’est que l’austérité généralisée comme seul programme se révèle être une impasse, constate-t-il : “La baisse de la croissance fait baisser les rentrées fiscales” et empêche “les pays de la périphérie” d “atteindre leurs objectifs de réduction des déficits, malgré un serrage de ceinture sévère”.

Pire, le ressentiment qu’elle génère parmi la population retient les gouvernements italien et espagnol de se lancer dans des réformes structurelles (marché du travail, dérégulation des professions réglementées…) plus ambitieuses.

Les taux réclamés pour financer la dette espagnole remontent à vive allure, malgré les 1 000 milliards d’euros déversés sur les banques européennes, espagnoles notamment, pour leur permettre de réinvestir sur la dette de leur État, preuve que les investisseurs ne croient pas dans les promesses sans cesse renouvelées du gouvernement Rajoy de rogner sur les dépenses, quitte à tailler dans l’éducation et la santé pour 10 milliards d’euros supplémentaires.

Les pays qui en ont les moyens, comme l’Allemagne, devraient même accroître le volume de leurs investissements publics, tout comme la Commission européenne devrait favoriser des dépenses d’infrastructures à l’échelle de l’Union européenne.

Elle n’est pas non plus prête à participer à la réduction des déséquilibres entre pays excédentaires et pays déficitaires, une autre solution évoquée par FT pour relancer la machine européenne.

Dans sa tribune publiée dans l’édition du 11 avril, le célèbre éditorialiste Martin Wolf revient longuement sur ce point, pour défendre, lui aussi, un effort partagé entre pays en déficit et pays excédentaires partagés, fustigeant l’intransigeance allemande incarnée par Jens Weidmann. S



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