Travailler de plus en plus pour gagner de moins en moins

Travailler de plus en plus pour gagner de moins en moinsTravailler de plus en plus pour gagner de moins en moins. Comment faire pour financer le fameux « Revenu de solidarité active » (RSA) promis par Nicolas Sarkozy pendant la campagne présidentielle.
 
La mise en œuvre a été confiée au « haut commissaire aux solidarités actives », le socialiste Martin Hirsch, lorsque la Commission européenne et la Banque Centrale Européenne exigent par ailleurs que l’on coupe à la hache dans toutes les dépenses de l’État ?


Le chef de l’État a enfin trouvé la réponse à ce casse-tête : le RSA sera financé par un « redéploiement partiel  » de la prime pour l’emploi (PPE) pour un coût de  » 1 ou 1,5 milliard d’euros « .
 
Cette annonce soulève un tollé à gauche, au centre, et dans l’ensemble des syndicats. Car ponctionner de 1,5 milliard d’euros la PPE revient à amputer ce dispositif d’environ 40%, son coût annuel étant de l’ordre de 4 milliards d’euros.
 
Rappelons que la prime pour l’emploi (PPE) est une aide au retour à l’emploi et au maintien de l’activité professionnelle, attribuée aux personnes exerçant une activité professionnelle salariée ou non salariée sous conditions de ressources. Pour la prime versée en 2008, ces conditions de ressources sont que le montant du revenu fiscal de référence de l’année 2007 ne doit pas dépasser 16 251 euros pour les personnes célibataires, veuves ou divorcées; (soit environ un maximum de 1350 € par mois) et 32 498 euros pour les couples. En pratique, la PPE concerne donc des Français aux revenus modestes, voire très modestes, et a pour objet d’améliorer un peu leur pouvoir d’achat sous condition de travail.
 
Le Syndicat national unifié des impôts (SNUI, majoritaire) – qui a étudié la mesure de près – a d’ailleurs indiqué que ce  » redéploiement «  de la PPE devrait  » principalement s’effectuer au détriment des 4 millions de contribuables imposables qui bénéficient actuellement de la PPE. Certains foyers fiscaux seront donc pénalisés par la future réforme de la PPE, notamment ceux qui gagnent un peu plus que le SMIC mais moins que 1,4 fois le SMIC, c’est-à-dire sensiblement moins que le salaire médian «  .
 
COMMENTAIRE
 
Après plusieurs couacs retentissants, notamment l’affaire de la carte de réduction pour familles nombreuses, la nouvelle idée lumineuse de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement consiste donc à régler le problème de plus en plus criant de la baisse du pouvoir d’achat des Français… en amputant le pouvoir d’achat de nos concitoyens qui comptent déjà parmi les revenus les plus faibles.
 
Le Tartuffe de service, François Bayrou, a commenté cette idée géniale de façon assassine :  » Je ne comprends pas cette obsession du gouvernement et de sa majorité de faire payer la solidarité par ceux qui ont moins, et de ne pas mettre à contribution ceux qui ont plus. « 
 
Belle formule. Mais nous, ce que nous ne comprenons pas, c’est cette obsession de toute la classe politique française, PS et MoDem en tête, à refuser d’admettre que la dégringolade du pouvoir d’achat des Français est directement liée à l’euro d’une part, et aux décisions de démantèlement généralisé de nos protections douanières, prises par l’Union européenne en notre nom au sein de l’Organisation mondiale du Commerce, d’autre part.
 
Et ce que nous ne comprenons pas davantage, c’est cette obsession de toute la classe politique française, PS et MoDem en tête, à refuser aussi de remettre en cause les quelque 6 milliards d’euros que la France verse en trop chaque année à l’Union européenne, pour permettre à celle-ci de financer d’autres Etats membres, qui ponctionnent par ailleurs nos emplois par le jeu des délocalisations au sein d’un marché unique sans aucune harmonisation salariale, sociale et fiscale.

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