Une nouvelle degringolade du pouvoir d’achat est programmée

Selon les résultats publiés aujourd’hui par l’INSEE, l’indice des prix de détail en France a progressé de +0,8% en mars 2008 par rapport à février. C’est la plus forte hausse mensuelle depuis janvier 1987, c’est-à-dire depuis 21 ans.Sur un an, la hausse des prix ressort à +3,2%, au plus haut depuis novembre 1991, c’est-à-dire depuis 17 ans.

Il est intéressant de rapporter cette hausse des prix de +3,2% sur 12 mois aux conflits sociaux de plus en plus nombreux qui émaillent la vie sociale de notre pays. Ainsi, rien qu’au cours des jeudi 10 et vendredi 11 avril, on a noté les conflits suivants :

– vendredi 11 avril, une cinquantaine des 300 magasins Monoprix qui ont été touchés par une grève des salariés, qui réclamaient une hausse des salaires et une amélioration des conditions de travail, au regard des bons résultats de l’entreprise. La direction de Monoprix a proposé, lors de négociations sur les salaires achevées en mars, une augmentation des salaires de 2,5%, mais aucune organisation syndicale n’avait accepté ces propositions, inférieures au taux d’inflation .

– le même jour, une partie des 650 salariés d’un entrepôt logistique de la Fnac, situé à Massy (Essonne) étaient en grève vendredi contre les propositions salariales de la direction. La Fnac propose 1,25% d’augmentation générale , et éventuellement 2% au mérite, tandis que les syndicats réclament 5% en moyenne.

– toujours vendredi 11, plusieurs centaines de salariés de l’intersyndicale CGT, CFDT, Sud, CFTC et FO de la Redoute, rejoints par d’autres salariés de la vente à distance, ont défilé à Roubaix pour réclamer du pouvoir d’achat, appelant les autres salariés du secteur à les rejoindre. Selon Jean-Christophe Leroy, délégué CGT à la Redoute, « c’est une grève qui prend de l’ampleur, les 3 Suisses, Blanche Porte, Damart, Vert Baudet, Desmazières et Camaïeux nous ont rejoint sur nos revendications. Les salaires sont tellement bas et les profits tellement hauts, qu’on devra s’y mettre tous ensemble ». La direction de la Redoute propose à ses salariés une hausse de 1,2% des salaires – avec un minimum de 18 euros mensuels – à laquelle s’ajoutent la revalorisation des primes d’ancienneté, de la couverture médicale et des tickets restaurants, ainsi que des hausses individuelles. Mais l’intersyndicale estime que cela se traduira pour beaucoup par une revalorisation « ridicule » de 18 euros.

– le jeudi 10, ce sont 6.700 salariés sur les 30.000 du groupe Banque Populaire, soit environ 22%, qui ont observé l’appel des cinq syndicats (CFDT, CFTC, CGT, FO, SNB/CFE-CGC) à une matinée de grève sur les salaires. Selon l’intersyndicale, les plus fortes mobilisations se sont situées entre 35% et 50% de grévistes dans les banques de la région lyonnaise, de Côte d’Azur, des Alpes et de l’Ouest. Les syndicats réclament une « augmentation pérenne de 2,8% », c’est-à-dire pas sous forme de prime, mais la direction ne propose que 1,7% d’augmentation au 1er mai, suivie de 0,3% au 1er octobre .

– également jeudi 10, ce sont les salariés de l’usine de Rousset (Bouches-du-Rhône) de STMicroelectronics, en grève depuis trois semaines, qui ont voté la reprise du travail après avoir trouvé un accord avec la direction. Les salariés dits « postés », qui travaillent en équipe à la production en continu et représentent environ 800 des 2.800 employés du site, réclamaient depuis le 20 mars une augmentation générale des salaires de 3%, avec un minimum de 100 euros pour les plus bas salaires, alors que la direction de STMicroelectronics ne proposait qu’une hausse de +1,7% plus, assortie éventuellement de +1% au mérite . L’accord finalement conclu reprend les propositions de la direction mais y ajoute une « prime de performance » représentant 1,9% du salaire brut de base mensuel.

COMMENTAIRE

La hausse des prix sur les 12 derniers mois an a été de +3,2%. Encore s’agit-il de la statistique officielle, calculée par l’INSEE, sur la fiabilité de laquelle plusieurs associations de consommateurs ont récemment émis de très forts doutes. Quoi qu’il en soit, ce taux d’inflation risque d’être encore plus élevé pur l’année 2008, si l’on en juge par le taux d’inflation mensuel de mars, le plus fort depuis 21 ans.

Or les quelques exemples de conflits sociaux récapitulés précédemment révèlent que les entreprises proposent à leurs salariés des hausses générales de salaires sur l’année 2008 de +1,2% (La Redoute), +1,25% (Fnac), +1,7% (STMicroelectronics), +2,0% (Banque Populaire) et +2,5% (Monoprix). A quoi pourront s’ajouter des hausses au mérite – réservée à une partie seulement des employés – de +2% (Fnac) et +2,9% (STMicroelectronics).

La comparaison du taux d’inflation calculé par l’INSEE et des hausses de salaires fait donc ressortir que les salariés devraient, dans leur grande majorité, subir encore cette année une baisse sensible de leur pouvoir d’achat. Sur la base de l’inflation connue, cette perte de pouvoir d’achat des salariés devrait être de – 0,7% chez Monoprix, de -1,2% dans les Banques Populaires, de – 2% à La Redoute, et, pour les salariés ne bénéficiant pas de primes au mérite, de -1,5% chez STMicroelectronics et -1,95% à la Fnac.
Ces statistiques confirment donc bien une évolution lourde que ressentent une très grande majorité de nos concitoyens : à savoir que le niveau de vie général des Français est en train de dégringoler d’année en année.

Ceux qui nous avaient promis une « mondialisation heureuse » et qui nous avait juré que « l’euro, c’est plus de croissance et plus d’emplois », nous ont donc tout simplement menti. Leurs choix stratégiques, venus de Washington et de Bruxelles, se révèlent calamiteux.

Confrontés à une telle situation, les Français n’ont donc plus le choix. Ils vont devoir reprendre les choses en mains, retirer tout pouvoir aux dirigeants euro-atlantistes qui les gouvernent, et rapatrier en France le pouvoir de décider. Source

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