Ecole: séparer filles et garçons, c’est de nouveau possible

Ecole: séparer filles et garçons, c'est de nouveau possibleJeudi, le Parlement a en tout cas adopté définitivement la nouvelle loi anti-discrimination, après plusieurs discussions houleuses tant que le texte faisait encore la navette entre les deux assemblées. Au détour de cette loi, s’installe, en effet, la possibilité d’organiser un enseignement séparé pour les garçons et les filles à l’école.

La mixité s’était pourtant généralisée dès les années 60 dans l’éducation: une circulaire l’impose en juin 1965 pour toutes les nouvelles écoles élémentaires créées, avant de l’étendre à toutes les écoles primaires au terme de la décennie.

C’est, enfin, la loi Haby du 11 juillet 1975 qui allait rendre la mixité obligatoire dans l’enseignement public primaire et secondaire.

Début avril, Valérie Létard, secrétaire d’Etat chargée de la Solidarité, avait d’ailleurs été largement interpellée lors de son audition par la commission des Affaires sociales.

C’est ce que raconte Sylvie Demarescaux, sénatrice du Nord (sans étiquette), qui déplore qu’aucun des trois amendements sénatoriaux soit finalement parvenu à infléchir le texte.

Mercredi 14 mai, la veille de l’adoption définitive de la loi, la commission mixte paritaire avait en effet fait retirer ces trois amendements visant à supprimer la disposition liée à l’enseignement.

L’un de ces amendements émanait pourtant du centriste Nicolas About, qui préside les affaires sociales au palais du Luxembourg, et qui n’a pas hésité à parler “d’erreur gouvernementale”.

De son côté, le gouvernement n’a cessé, jusqu’à l’adoption définitive du texte et malgré les discussions qu’il soulevait, d’arguer de son “absence de marge de manoeuvre”, avançant l’obligation de transposer en droit français cinq directives européennes en matière de discrimination.

“Valérie Létard nous a expliqué que la Commission européenne laissait une très faible marge de manoeuvre dans la transposition des directives en matière de discrimination et que la France n’avait pas vraiment eu le choix. De fait, l’Europe était plutôt considérée comme un vecteur de progrès en matière d’égalité d’accès à l’éducation depuis le début, soutiennent les féministes.

Autre argument apparu en marge du débat: certaines revendications féministes auraient elles-mêmes contribué à ce que le verrou de la mixité scolaire saute…

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