23 juin 2024

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Près d’un détenu sur deux oublié derrière les barreaux

Environ la moitié des personnes incarcérées en France ne reçoivent aucune visite durant leur détention.Eduardo n’a pas reçu une seule visite durant ses quatre ans et demi de détention à Fleury-Mérogis.Issu d’un clan de notables respectés, Eduardo a dû se faire une raison : il était devenu infréquentable.



Sur les 63 000 détenus actuellement en prison, des milliers vivent, comme lui, totalement coupés des leurs.

Il leur faut affronter l’isolement carcéral autant que l’isolement affectif.

Selon une étude publiée dans les Cahiers de démographie pénitentiaire, en 1998, 47 % des personnes incarcérées n’avaient pas été appelées à un seul parloir durant toute leur détention.

Les prisonniers oubliés de leur famille ont souvent depuis longtemps coupé les ponts avec les leurs.

On compte parmi eux une très large proportion de personnes étrangères, mais aussi de sans-domicile-fixe, de malades mentaux et parfois de grands criminels sexuels.

Certains refusent de donner signe de vie à leur famille.

Ils refusent d’écrire à leurs proches, parfois d’ailleurs installés en France, afin d’empêcher l’administration d’en déduire leur lieu de naissance et de renvoyer tout le monde au pays.

«Vu la gravité des actes commis, ils sont souvent mis au ban de leur famille, a fortiori si les crimes s’y sont déroulés», affirme Michel Jouannot, représentant de l’Association nationale des visiteurs de prison (ANVP).

Il arrive même que la rupture totale des liens familiaux touche des individus bien insérés avant leur détention.

«Dans un cas sur dix environ, les couples se séparent après le premier mois de détention», rappelle Jean Caël, responsable adjoint du département «prison et justice» au Secours catholique, en charge des 2 000 bénévoles de l’organisation intervenant auprès des prisonniers isolés.

L’absence de liens familiaux a des répercussions systématiques sur l’état de santé des détenus, aux dires des médecins.

À Fleury-Mérogis, Soeur Isabelle Le Bourgeois accueille, à leur demande, les détenus sans attache familiale. Source

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