« Yacht de luxe, 800 000 € / semaine, à louer, s’adresser à B.Tapie »

« Yacht de luxe, 800.000 € / semaine, à louer, s’adresser à B.Tapie  » » A louer, yacht de luxe, 70,50 mètres, l’un des plus beaux du monde, 25 hommes d’équipage, 615 000 euros par semaine, fioul et restauration à bord en sus, pour croisière de nabab. Cette petite annonce est fictive et ne paraîtra que sur Mediapart. Mais, tous les éléments factuels qu’elle comprend sont exacts : Bernard Tapie a acquis l’un des yachts les plus luxueux au monde et le met en location quand il ne s’en sert pas pour lui-même.

À quelques encablures de l’élection présidentielle, elle mériterait même de créer le débat. Parce qu’une partie du pactole qu’il a perçu lors du très controversé arbitrage de l’affaire Adidas que Bernard Tapie a investi dans ce palace flottant pour milliardaire.

En clair, c’est de l’argent public, sur lequel il a pu mettre la main, grâce à l’intervention dans ce dossier de Nicolas Sarkozy et de son ex-ministre des Finances, Christine Lagarde, devenue directrice générale du Fonds Monétaire International (FMI).

Mais, le protégé de Nicolas Sarkozy a vite fait savoir qu’il avait l’intention de réhabiliter le navire, puis de le revendre.

On a donc alors pu penser qu’il s’agissait, en quelque sorte, d’un investissement, dont l’ex-homme d’affaires espérait une belle plus-value.

Il s’agit du montant de l’indemnité attribuée par les arbitres au titre du préjudice moral – une somme fabuleuse qui suscite à bon droit à l’époque l’indignation de l’opinion car elle est sans précédent dans l’histoire judiciaire française.

Est-ce donc cette somme qu’il utilise aussitôt pour acheter l’un des plus beaux yachts du monde?

Construit par les chantiers Amel en 1999, aux Pays-Bas, le navire est déjà parmi les plus luxueux qui existent à l’époque dans cette catégorie.

Long de 70,50 mètres, et nécessitant un équipage de 25 hommes, il est dans un premier temps la propriété d’un magnat de la presse en Australie, un dénommé Reg Grundy.

A l’époque, des sites Internet ont même publié des photos du chantier de réhabilitation : en voici une.

Et pour finir, c’est un navire encore plus luxueux qui a vu le jour, sous le nom un brin provocateur de Reborn – en français :  » Renaissance « .

Comprenant cinq ponts, une piscine, un spa, des salons tapageurs au luxe clinquant style nouveau riche tape-à-l oeil, de nombreuses cabines s’apparentant à des bonbonnières pour recevoir des invités – quatorze officiellement mais qui visiblement ont l’habitude de prendre leurs aises -, il est devenu un palace flottant pour milliardaire désoeuvré.

Pour cela, il suffit d’aller sur le site Internet Marinetraffic.com qui dispose en permanence de ces données.

« , lui répondis-je, me méprenant, et ne comprenant pas qu’il était à bord d’un bateau.

Mais si, sur cette page, on prend soin de remplir l’encadré  » Superyacht Reborn enquiry  » et que l’on clique ensuite sur l’onglet  » send à quick enquiry « , on reçoit dans les instants qui suivent un mail qui apporte quelques précisions sur la location.

On y apprend ainsi que le montant de 615.000 euros la semaine, applicable vraisemblablement en haute saison, comprend le montant de la location du bateau avec son équipage, mais pas le fioul ni la restauration ou les boissons.

Le célèbre navire Paloma qui est la propriété de Vincent Bolloré, et à bord duquel Nicolas Sarkozy a embarqué au lendemain du second tour de l’élection présidentielle, en mai 2007, ce qui a suscité les controverses que l’on sait, n’est long en effet que de 60 mètres, soit plus de dix mètres de moins que le Reborn.

Au début du second septennat de François Mitterrand, le publicitaire Jacques Séguéla avait remercié le ministre des finances Pierre Bérégovoy des scandaleux allègements d’impôts au profit des plus riches dans les DOM-TOM en baptisant son yacht MerciBéré. Dans cette innquiétante tradition, le yacht de de Bernard Tapie devrait s’appeler non pas le Reborn mais MerciSarko.

Source Payante

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