La stagflation menace l’économie européenne

Le conflit au Moyen-Orient ravive le risque de stagflation. Le terme « stagflation » englobe les concepts de « stagnation » et d’« inflation ». La stagflation se présente ainsi comme un phénomène conjugué, caractérisé par une inflation persistante associée à une croissance économique fragile, laquelle demeure stagnante.
En d’autres termes, l’activité économique connaît un ralentissement : en raison de l’augmentation des prix, la consommation des ménages diminue, les entreprises enregistrent une baisse de leurs ventes, entraînant alors une diminution de leurs bénéfices. Elles peuvent alors réduire leurs investissements, ce qui pourrait avoir un impact sur les recrutements et les rémunérations. Il s’agit, d’un cercle vicieux.
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Bruxelles a émis, le lundi 9 mars, un avertissement concernant ce qu’elle qualifie de choc majeur de nature “stagflationniste”. De nombreux éléments sont d’accord, néanmoins, pour le moment, la structure demeure stable. Le véritable enjeu se manifestera si le conflit perdure pendant une durée de deux à trois mois.
La situation actuelle ne saurait être comparée à celle de l’année 2022, durant le conflit entre la Russie et l’Ukraine. À cette époque, une augmentation des prix de l’électricité s’était jointe à celle des hydrocarbures, tels que le pétrole et le gaz. Cependant, cette fois-ci, cela ne s’applique pas à l’électricité. De plus, le secteur agroalimentaire demeure exempt de toute perturbation. Les éléments constitutifs d’une stagflation sont ainsi présents, néanmoins, l’étincelle déclencheuse ne s’est pas encore manifestée.
Pour contrer ce phénomène, le véritable pouvoir réside entre les mains des banques centrales, à savoir la Banque centrale européenne (BCE) en Europe et la Réserve fédérale (Fed) aux États-Unis. Leur instrument est la politique monétaire, qui vise à ajuster les taux d’intérêt dans le but de maintenir l’inflation aux alentours de 2 %, un niveau considéré comme optimal par les principales institutions.
L’exercice se révèle donc particulièrement complexe : dans l’éventualité où l’inflation connaîtrait une forte augmentation, les banques centrales seraient contraintes d’augmenter les taux d’intérêt afin de tempérer la hausse des prix. Cependant, cette augmentation des taux d’intérêt pourrait également freiner la croissance économique, dans la mesure où le coût du crédit s’élèvera pour les consommateurs et les entreprises, entraînant ainsi une augmentation de leur niveau d’endettement.
Inversement, si les banques centrales décident de réduire les taux d’intérêt dans le but de stimuler l’activité économique, cela pourrait également entraîner une résurgence de l’inflation, un phénomène qu’il convient d’éviter à tout prix. La situation se révèle donc particulièrement complexe.
Il convient de souligner que les banques centrales se trouvent, à l’heure actuelle, dans une situation délicate, oscillant entre des choix difficiles. Elles portent une attention particulière à la situation, de manière à éviter tout débordement. Pour le moment, il n’est pas envisageable de modifier les taux d’intérêt, qui constituent une arme à double tranchant. Lorsque les circonstances seront jugées favorables, il conviendra d’observer laquelle des deux institutions, la Réserve fédérale américaine ou la Banque centrale européenne, agira en premier.
