Israël porte des accusations d’une “campagne antisémite” contre l’Espagne, qui décide en réponse de rappeler son ambassadrice

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a vivement critiqué l’Espagne ce lundi 8 septembre, l’accusant de mener une « campagne antisémite.» Ces déclarations interviennent suite à l’annonce par le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, de mesures visant à « mettre fin au génocide à Gaza.» Le chef de la diplomatie israélienne a dénoncé une attitude hostile et anti-israélienne de la part du gouvernement espagnol, caractérisée par une rhétorique violente et empreinte de haine. Il y voit une manœuvre visant à détourner l’attention de scandales de corruption majeurs touchant l’exécutif espagnol.
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Les décisions prises par le politicien socialiste Pedro Sánchez, qui s’est positionné comme l’une des figures européennes les plus virulentes à l’égard des actions israéliennes à Gaza, incluent un embargo sur les armes à destination d’Israël et l’interdiction pour les navires transportant du carburant destiné à l’armée israélienne d’accoster dans les ports espagnols. Ce projet a provoqué la colère de l’État d’Israël, qui a répliqué en interdisant l’accès à Israël à deux membres du gouvernement espagnol, dont une ministre d’origine palestinienne.
En Espagne, en réponse à la réaction d’Israël, le ministère des Affaires étrangères espagnol a catégoriquement repoussé les « allégations mensongères et diffamatoires d’antisémitisme. » Il a demandé le retour de son ambassadrice en Israël « pour des consultations suite aux accusations diffamatoires à l’encontre de l’Espagne et aux mesures inacceptables visant deux membres du gouvernement.»
Dans le passé, les prises de position du gouvernement espagnol ont déjà suscité des tensions avec Israël, qui a rappelé son ambassadeur d’Espagne en réponse à la reconnaissance de l’État de Palestine par le gouvernement de Pedro Sánchez en mai 2024. Alors que la France s’apprête à reconnaître à son tour un État palestinien, Gideon Saar a ironisé ce lundi en suggérant aux deux pays de créer un tel État sur leurs « propres » et “vastes territoires”, s’ils sont réellement aussi enthousiastes à cette idée.
