Royaume-Uni : Licencier pour réembaucher moins cher

Légale, mais controversée au Royaume-Uni, cette méthode consiste à licencier ses salariés avant de les réembaucher avec un salaire moins élevé. Confrontés aux dégâts économiques causés par la pandémie et le Brexit, certains employeurs britanniques sont accusés d’avoir recours à une mesure très controversée pour réaliser des économies: licencier puis réembaucher ses salariés à des conditions inférieures.

Licencier puis réembaucher n’est pas illégal au Royaume-Uni, mais le Premier ministre Boris Johnson a qualifié cette manoeuvre « d’inacceptable ».

Gel des recrutement, départs volontaires ou encore chômage technique: pour Chris Forde, co-directeur d’un centre de recherches à Leeds (nord) sur les relations au travail, ces solutions constituent de meilleures solutions en temps de pandémie que le licenciement puis la réembauche, qui ne devrait être utilisé qu’en « dernier recours ».

Pour Alexander Bryson, professeur en sciences sociales à l’University College de Londres, l’épidémie a permis à certaines entreprises de « faire preuve d’un excès de zèle et surestimer leurs problèmes financiers ».

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Au Canada, par exemple, licencier puis réembaucher des travailleurs est légal, explique la spécialiste du droit du travail Dalia Gesualdi-Fecteau, de l’Université du Québec, et touche particulièrement les travailleurs non-syndiqués, impuissants face aux employeurs.

L’entreprise Centrica a affirmé à l’AFP que ces « difficiles » changements de contrats n’étaient pas liés à la Covid-19, mais qu’ils étaient « nécessaires » face à des « bénéfices divisés par deux sur les dix dernières années ». Le but, selon elle: protéger 20 000 emplois au Royaume-Uni, dont 98% ont déjà accepté de passer sous un nouveau contrat.

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