Ramasseur de volailles « 20.000 poulets à attraper en quatre heures »

« On fait des sortes de bouquets de volailles… On en ramasse quatre à cinq par main. Ce fut le travail du « lanceur d’alerte » à l’origine des images compilées par L214 dans cette nouvelle vidéo. » le but « Ramasser plus de 20.000 poulets en moins de quatre heures » !

Pas grand-chose a changé en quinze ans à en juger par cette nouvelle vidéo de L214. « Même si on travaille toutes les nuits, à la fin, on n’a pas plus de 800 euros », raconte ainsi l’ex-ramasseur de volaille, qui indique lui aussi n’avoir été payé qu’à partir du moment où il pénétrait dans l’élevage. « C’est une exploitation représentative de ce qu’est un élevage intensif français de poulets de chair », précise L214. »

L214, ONG de défense des animaux, établit aussi un pont entre ces conditions de travail « déplorables » et la souffrance animale qu’elle engendre. « Ça peut arriver de jeter des poulets par terre, d’envoyer des coups de poing, des coups de pied », détaille le lanceur d’alerte, en invitant tout de suite à remettre ces actes dans leur contexte : « on travaille dans le noir, on est fatigué, il faut aller vite, on pue, on a chaud… ».

Pour Brian Mordasini de L214, l’enjeu alors est bien plus de réduire la densité d’animaux dans les élevages intensifs. « Sur ces exploitations, elle tourne très souvent autour de 42 kg au m², soit 22 poulets au m², indique-t-il. Un bon début serait de ramener cette densité à 33 kg au m², soit 16 poulets au m². » « Cette baisse de densité permettrait non seulement de faciliter le ramassage des poulets, mais de rendre aussi leur courte vie dans ces élevages – de l’ordre de 35 jours- un peu moins désagréable », reprend Brian Mordasini.

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« Tout est fait pour qu’ils prennent le plus vite du muscle, si bien que les pattes n’arrivent pas à suivre et que bon nombre de ces poulets boitent ou ne parviennent plus à se déplacer », détaille Brian Mordasini.

La charte, c’est l’une des mesures de l’European Chicken Commitment (ECC), une liste de critères d’élevage et d’abattage qu’une trentaine d’ONG européennes, dont L214, essaient de faire adopter par les entreprises agroalimentaires. Demande aussi de prévoir un accès à la lumière naturelle « ne serait-ce que des fenêtres »- dans les bâtiments d’élevage ou d’installer des aménagements, comme des blocs à picorer, pour que les poulets évitent de se piquer entre eux… « Pas la mer à boire, estime le chargé des relations agroalimentaires de L214.

En France, 800 millions de poulets sont élevés et abattus pour leur chair, « dont 83 % le sont dans des conditions semblables à celles montrées dans la vidéo que nous publions ce jeudi », ajoute l’ONG.

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