Viktor Orban : Liberté de la presse, respect des minorités…

En Hongrie, même le plus haut représentant de l’autorité judiciaire ne parvient pas à rivaliser avec Viktor Orban. En raison de ses critiques à l’encontre d’une réforme, András Baka a été écarté de ses fonctions. Une éviction qui illustre les violations des libertés qui sont reprochées à Viktor Orban. Il en existe également dans d’autres secteurs.
En ce qui concerne le secteur de la presse, il convient de noter qu’actuellement, 80 % du paysage médiatique est sous le contrôle du clan Orban. Un exemple : Blikk, le quotidien le plus diffusé, a été acquis par un associé de Viktor Orban et, depuis lors, les investigations relatives à la corruption ont cessé. Plusieurs journaux ont cessé leurs activités, certaines stations de radio ont perdu leur fréquence, et la Hongrie a dégringolé de la 25ᵉ à la 68ᵉ position dans le classement de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.
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En conséquence, l’opposition traditionnelle hongroise a connu un effondrement, et pour les prochaines élections, c’est un dissident du parti de Viktor Orban, Péter Magyar, qui se présentera comme principal concurrent. Au printemps dernier, Viktor Orban a même exprimé le souhait de faire interdire la Marche des fiertés. Le motif pourrait être considéré comme de la propagande en faveur de l’homosexualité, susceptible d’être perçue par des mineurs. Néanmoins, plusieurs centaines de milliers de personnes ont défié l’interdiction et ont manifesté sur un pont.
Ces éléments amènent l’Union européenne à conclure que le principe de l’État de droit n’est pas respecté. En raison de sanctions, la Hongrie a perdu un milliard d’euros de fonds européens, tandis que des dizaines de milliards supplémentaires demeurent gelés.
Viktor Orbán et son parti, le Fidesz, sont en difficulté dans les sondages, talonnés par Péter Magyar, un rival conservateur qui a su fédérer l’opposition et donné favori dans plusieurs enquêtes d’opinion. Orban est accusé d’avoir progressivement affaibli l’État de droit, la liberté de la presse et l’indépendance de la justice depuis son retour au pouvoir en 2010. La Hongrie est désormais souvent qualifiée de « régime hybride », entre démocratie et dictature : les élections restent libres, mais le terrain politique est largement défavorable à l’opposition, avec des médias et des institutions sous contrôle du pouvoir en place.
Stratégie de campagne et tensions internationales.
Orban axe sa campagne sur une rhétorique anti-Ukraine et anti-UE, accusant ses adversaires de vouloir entraîner la Hongrie dans la guerre et affirmant que l’opposition est financée par Kiev et Bruxelles. Il utilise notamment la question de l’oléoduc Droujba (qui transporte du pétrole russe vers la Hongrie) comme levier politique, bloquant un prêt européen de 90 milliards d’euros à l’Ukraine tant que les livraisons de pétrole ne sont pas rétablies. Cette stratégie est perçue comme une tentative de mobiliser l’électorat sur la peur de la guerre et de la crise économique.
La communauté internationale, notamment l’UE, critique ouvertement les méthodes d’Orban, qualifiant son comportement d’« inacceptable » et accusant Budapest de faire de l’Ukraine une « arme électorale ». Des juges hongrois ont récemment refusé d’appliquer un décret du gouvernement visant à empêcher des procès contre une taxe municipale controversée, soulignant la résistance de certaines institutions face aux tentatives de contrôle du pouvoir.
