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Pour semi-conducteurs, Bruxelles légiférera début 2022 pour la préférence européenne

L’European Chips Act, la réponse de la Commission européenne à la pénurie de semi-conducteurs, verra le jour en 2022. Présenté par le commissaire Thierry Breton, il doit renforcer la souveraineté du Vieux Continent dans la production de puces électroniques face à la domination asiatique et sera assorti d’un mécanisme de préférence européenne.

Bruxelles se prépare à réagir face à la pénurie de semi-conducteurs, qui contrarie la reprise dans plusieurs secteurs depuis le début de l’année, notamment dans le secteur automobile. Le projet de loi sera présenté début 2022.

Avec l’European Chips Act, Thierry Breton entend reconstruire massivement des capacités de production sur le Vieux Continent et réduire sa dépendance à l’Asie. Dans une interview accordée à plusieurs médias européens et publiée le 27 novembre, il déclare : « Dans le cadre du « chips act » que je présenterai début 2022, l’Europe supportera les investissements, spécialement de rupture, et plus largement l’ensemble du secteur en assouplissant les règles de concurrence relatives aux aides d’États».

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Aujourd’hui, l’Europe et les États-Unis ne représentent plus à eux deux que 18 % de la production mondiale de semi-conducteurs, contre environ 60 % il y a 30 ans. La production étant désormais concentrée en Asie – 50 % de l’offre mondiale pour la seule île de Taïwan – il est difficile pour les unités de fabrication situées à l’autre bout du monde de répondre immédiatement à la demande forte occidentale actuelle, impulsée par la rapidité de la reprise économique mondiale qui s’ajoute à la demande structurelle de l’électronique grand public .

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen en avait annoncé le principe mi-septembre. « Nous sommes dépendants des microprocesseurs les plus avancés fabriqués en Asie. Il ne s’agit donc pas seulement de notre compétitivité. L’enjeu est aussi notre souveraineté technologique », ainsi que la conquête de « nouveaux marchés pour des technologies européennes novatrices », avait-elle souligné.

Ce soutien promis par Bruxelles et surtout par Thierry Breton tranche quelque peu avec la position affichée par le commissaire européen en septembre. Il avait estimé que, pour résoudre la pénurie des semi-conducteurs les fabricants devaient accroître leur production, et que cet accroissement était de leur responsabilité : « c’est leur travail de le faire, de combler les besoins de leurs clients. C’est leur responsabilité d’accroître la production. » Il avait alors parlé d’un effort de plusieurs mois pour endiguer la pénurie.

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