Au Royaume-Uni, des cours contre la misogynie obligatoires

À partir de septembre 2026, les collèges et lycées britanniques devront intégrer des cours obligatoires pour lutter contre la misogynie, selon les nouvelles directives pédagogiques dévoilées le 15 juillet par le ministère de l’Éducation.
Cette initiative s’inscrit dans une révision du guide sur l’éducation aux relations, à la sexualité et à la santé (RSHE), qui aspire à sensibiliser les jeunes garçons à la montée des contenus sexistes en ligne, souvent véhiculés par des influenceurs comme Andrew Tate. Le ministère souligne l’importance d’éviter de « stigmatiser » ces adolescents, en les orientant vers des modèles masculins positifs.
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Les établissements scolaires devront également aborder des thématiques telles que la haine en ligne, en particulier la mouvance “incel”, qui blâme les femmes pour la situation des hommes célibataires. Par ailleurs, les élèves seront informés des dangers liés à l’intelligence artificielle et aux “deepfakes”, ainsi que des relations entre pornographie et misogynie.
Le gouvernement britannique encourage les établissements à adopter ces nouvelles directives dès la rentrée prochaine, avec un objectif de conformité totale d’ici septembre 2026. Le Parti travailliste, lors de sa campagne victorieuse de 2024, avait promis de réduire de moitié les violences faites aux femmes et aux filles en dix ans.
Plus tôt cette année, le Premier ministre Keir Starmer a annoncé que la série Netflix « Adolescence », qui explore l’impact des contenus masculinistes sur les jeunes, sera diffusée dans les écoles. Il a également appelé à un débat sur les moyens d’« empêcher que les jeunes garçons ne soient entraînés dans un tourbillon de haine et de misogynie». En France, la ministre de l’Éducation, Elisabeth Borne, a par ailleurs déclaré début juin que cette série sera utilisée comme support pédagogique dans les collèges.
