La santé mentale des aidants se dégrade fortement

Selon une enquête menée par la Ligue contre le cancer et révélée par France Inter le lundi 6 octobre, la santé mentale des aidants se dégrade, à l’occasion de la journée des aidants. Cette étude met en évidence une détérioration alarmante de leur santé mentale : 19,3 % ont déjà eu des idées suicidaires et près de la moitié montre des symptômes dépressifs (45,9 %). Selon les données de la Ligue contre le cancer, on estime à 11 millions le nombre d’aidants en France, qui apportent leur soutien à un proche en situation de handicap, atteint d’un cancer ou d’une autre maladie.
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D’après les données de la Ligue contre le cancer, il est observé que les personnes aidantes sont également exposées à des comportements à risque, avec 66,3 % d’entre elles ayant constaté une augmentation de leur consommation d’anxiolytiques, d’antidépresseurs, de jeux d’argent, de cannabis, de tabac ou d’alcool. Les personnes qui apportent leur soutien à des individus malades s’exposent à des pathologies graves, le tabac et l’alcool étant identifiés comme le premier et le second facteur de risque de cancer. La Ligue souligne qu’une étude récente a établi un lien entre la dépression et un risque accru de cancer du sein (+14 %). Un phénomène de double impact qui touche particulièrement les jeunes individus (âgés de 18 à 40 ans) et les femmes, lesquelles comptent pour environ 60 % des personnes s’occupant de proches. Selon la Ligue contre le cancer, les femmes sont confrontées à une charge mentale disproportionnée qui constitue un facteur de risque sanitaire majeur.
Philippe Bergerot, qui occupe la fonction de président de la Ligue contre le cancer, suggère la mise en place d’une consultation dédiée aux proches suite à l’annonce de la maladie, dans le but d’« expliquer à l’aidant ce qui va l’attendre pendant et après ». Il souligne que la restauration du tissu social et le regain du désir de vivre sont essentiels pour prévenir l’émergence de pensées suicidaires qui peuvent survenir après la fin de la crise. La Ligue préconise également une extension de l’accès au congé de proche aidant, qui autorise les salariés à prendre soin d’une personne en situation de handicap, âgée ou en perte d’autonomie, ainsi qu’une expansion du droit au répit, permettant aux proches aidants de bénéficier de temps libre pour leurs activités, se reposer et prévenir l’épuisement. Cela implique aussi une amélioration des droits des patients, notamment à travers le renforcement des services de maintien à domicile et l’amélioration de l’accessibilité aux transports en commun.
Selon la présidente du collectif Je t’Aide, qui représente une trentaine de structures défendant les droits des aidants, il arrive que ces derniers pallient le manque d’accompagnement des malades, ce qui peut entraîner un « surmenage » pour beaucoup d’entre eux, a-t-elle déclaré lundi sur France Inter. Selon Corinne Benzekri, il est essentiel d’assurer un accompagnement continu aux individus tout au long de leur trajet et de leur fournir toutes les informations requises concernant les dispositifs d’aide disponibles. Il existe déjà des structures de ressources, fréquemment mises en place et gérées par des associations.
Méthodologie : Enquête de l’Observatoire sociétal des cancers menée en ligne du 27 juin au 27 juillet 2025 auprès de 350 proches aidants de personnes touchées par le cancer et portant sur les symptômes ressentis, leurs habitudes de consommation, leurs comportements, les professionnels de santé consultés et leurs recommandations pour améliorer leur accompagnement.
