Le scandale sanitaire des moteurs truqués

Suite au scandale industriel, le “Dieselgate” risque de se transformer en un scandale de santé publique. Une association experte en qualité de l’air a mené une étude sur les répercussions sanitaires des moteurs truqués, émettant des niveaux de pollution supérieurs aux normes en vigueur en Europe. Rien qu’en France, on estime qu’ils ont causé le décès de 16 000 individus depuis 2009.
L’État est responsable de décès. « Selon Anne Lassman-Trappier, référente qualité de l’air et mobilité chez France Nature Environnement, une intervention vigoureuse de l’État dès 2015 aurait pu prévenir la perte de dizaines de milliers de vies. »
Sollicités, les constructeurs français n’ont pas répondu à la requête de France Télévisions. Le ministère de la Santé affirme étudier la question avec attention, tout en exprimant le besoin d’une expertise indépendante et approfondie de la part de Santé publique France.
En septembre 2015, l’Agence américaine pour l’Environnement avait porté des accusations à l’encontre de Volkswagen pour manipulation des tests d’émissions d’oxyde d’azote, entraînant ainsi la démission de son PDG. Une enquête judiciaire a été lancée en janvier 2017 en France visant Renault, puis Fiat Chrysler et PSA, tous trois mis en examen. En ce mois de juin 2023, l’ex-PDG d’Audi, condamné en Allemagne, a admis sa participation à la fraude. En France, aucune sanction n’a été décrétée.
