La nouvelle taxe sur les petits colis a entraîné une diminution d’environ 50 vols de fret par semaine

Depuis l’instauration de la taxe de deux euros sur les petits colis, effective depuis le 1ᵉʳ mars, il a été constaté une diminution d’environ « une cinquantaine » de vols de fret par semaine à l’aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle, selon des informations obtenues par franceinfo auprès des Aéroports de Paris (ADP) le samedi 14 mars, corroborant ainsi une information relayée par le Parisien. Une diminution substantielle pour le groupe ADP.
Selon le gouvernement, cette taxe a été mise en place afin de freiner l’afflux de produits provenant de Shein et Temu. Elle concerne les envois qualifiés de « faible valeur », c’est-à-dire ceux dont le montant est inférieur ou égal à 150 euros. Cependant, les grandes entreprises de l’e-commerce en Chine mettent en place des stratégies dans le but de contourner les droits de douane, qui présentent une hétérogénéité au sein de l’Europe. À présent, un grand nombre d’avions-cargos se posent dans des pays voisins, tels que l’aéroport de Liège en Belgique ou celui d’Amsterdam-Schiphol aux Pays-Bas.
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Une fois les produits déchargés, ceux-ci empruntent les routes de France à bord de poids lourds, sans imposition. Toutefois, le ministère de l’Économie souligne auprès de Franceinfo que cette situation engendre néanmoins un impact financier pour les entreprises chinoises, qui ont dû réorganiser l’intégralité de leur logistique et qui se trouvent confrontées à l’augmentation des prix du carburant.
« Cette taxe est déplorable », exprime Jean-Marc Roze, président du département de la Marne, qui manifeste son inquiétude quant à l’avenir de l’aéroport XCR, situé dans la commune de Bussy-Lettrée, entre Reims et Troyes. Doté de l’une des plus longues pistes d’Europe, parfaitement adapté aux avions de grande capacité, cet aéroport tirait 90 % de son chiffre d’affaires du fret aérien lié à l’e-commerce chinois avant l’instauration de la taxe sur les petits colis. « Nous avons un important client basé à Hong Kong qui nous a fait part de son intention de louer des avions pour se rendre dans d’autres pays exemptés de cette taxe si celle-ci venait à être maintenue », exprime avec agacement le président de la Marne.
Selon ses dires, la fermeture de l’aéroport entraînerait une perte de 100 à 120 emplois directs dans cette région rurale. « Il s’agit d’une allusion implicite à l’intention d’entraver le commerce électronique », ajoute Jean-Marc Roze, soulignant que le marché est mondial et qu’il est illusoire de tenter de modifier des habitudes par le biais de taxes. L’élu exprime son incompréhension quant à la volonté du gouvernement de procéder de manière plus rapide et plus énergique que ses homologues européens. « Les consommateurs qui s’habitueront à se diriger vers d’autres destinations ne reviendront pas en France. »
Bercy exprime de son côté son intention d’accompagner les salariés et les entreprises durement affectés par les répercussions de cette taxe. Ainsi, le ministre du Commerce, Serge Papin, l’a réaffirmé cette semaine : il n’y aura pas de retour en arrière. Pour sa part, l’Union européenne envisage d’instaurer, à compter du 1ᵉʳ juillet 2026, un droit de douane forfaitaire de 3 euros par article pour les petits colis importés en provenance d’un pays tiers à l’Union européenne.
