Napoléon, un monument de l’histoire de France

Napoléon, un monument de l’histoire de FranceLe bicentenaire de la mort de Napoléon a réveillé le clivage gauche-droite avec des débats sur l’opportunité de commémorer l’ancien empereur français. En schématisant, il y a d’un côté la droite, pour qui Napoléon symbolise la grandeur passée de la France, et de l’autre la gauche, qui préfère souligner son autoritarisme et son militarisme.

L’approche du bicentenaire de la mort de Napoléon, mercredi 5 mai, a ravivé un vieux débat entre la gauche et la droite sur l’utilité de commémorer ou non l’ancien empereur français.

À l’image du député LFI, la gauche dans son ensemble, qui préfère glorifier la Révolution française, ne manque pas de rappeler que Napoléon a rétabli l’esclavage dans les colonies françaises en 1802, que le Code Napoléon de 1804 a inscrit l’infériorité des femmes dans la loi et que son militarisme causa la perte de plus d’un million de soldats français.

En 2014, l’ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin a même publié un essai à charge, “Le Mal napoléonien” (Seuil), dans lequel il va jusqu’à comparer Napoléon Bonaparte au maréchal Pétain.

“Albert Soboul, historien spécialiste de la Révolution française et de Napoléon, par ailleurs marxiste, exhorte les communistes, dans plusieurs articles publiés dans L’Humanité, à célébrer Napoléon au nom d’un patriotisme dont le parti ne pouvait se départir”, rappelle Arthur Chevallier, éditeur et auteur de plusieurs ouvrages sur Napoléon, dont “Napoléon et le Bonapartisme”.

Pour le spécialiste, par ailleurs commissaire de l’exposition Napoléon à la Grande Halle de la Villette, la quasi-totalité des historiens, de droite comme de gauche, s’accordaient pour reconnaître “une continuité très claire entre la Révolution française et Napoléon”. Napoléon a en réalité formalisé dans le Code civil l’état de la société française de 1795.

Alors que s’est-il passé à gauche, pour que son regard sur Napoléon évolue de la sorte lors des dernières décennies ? “Au début des années 1970, les mouvements pacifistes nés lors des guerres de décolonisation ont recomposé la gauche et l’ont forcée à réécrire son historiographie personnelle et sa propre histoire de France. C’est à ce moment qu’elle lâche Napoléon”, explique Arthur Chevallier.

Le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, qui a formellement déclaré fin mars dans un entretien au Point sa candidature à la présidentielle de 2022, cite Napoléon comme référence historique aux côtés de De Gaulle, Richelieu et Saint-Louis. “Napoléon, plus que Bonaparte, car c’est lui qui a fait la synthèse entre l’Ancien Régime et la Révolution”, affirme l’ancien LR.



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