Désarmement du Hezbollah Libanais : le ton monte avec le gouvernement

Désarmement du Hezbollah Libanais : le ton monte avec le gouvernement
Armée du Hezbollah

Le Liban traverse une situation sans précédent. Au début août, une décision visant à désarmer le Hezbollah avant la fin de l’année a été prise lors d’un Conseil des ministres. Cette décision est sans précédent, car le Hezbollah, qui est l’un des nombreux partis-milices au Liban, détient depuis des années le plus grand stock d’armements… dépassant même les capacités militaires de l’armée libanaise.

C’est parce qu’elle disposait de ces armes que l’organisation a pu mener seule la guerre contre Israël, après le 7 octobre 2023, une guerre qui s’est soldée par la déstabilisation totale du Hezbollah. L’entité a subi des pertes de milliers d’hommes, et actuellement, le sud du Liban est en partie dévasté par les forces israéliennes, qui ont pris position à divers endroits le long de la frontière. Ces zones civiles continuent d’être fréquemment bombardées, même aujourd’hui.

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De son côté, l’armée israélienne déclare qu’elle ne cessera ses actions tant que le Hezbollah demeurera armé. Du côté des autorités libanaises, les arguments sont assez clairs : « Évidemment, ces armes n’empêchent pas une agression israélienne, disait il y a quelques jours le ministre de la Justice, Adel Nassar. Ces armes ne sont pas en mesure de maintenir un équilibre quelconque basé sur la peur. Elles représentent davantage une source de malédiction qu’une solution. Le fait de donner à l’État le monopole de la contrainte est une nécessité ! »

Pour sa part, le Hezbollah refuse de se désarmer. Il exige d’abord des assurances que les forces israéliennes se retireront des régions occupées. Jusqu’à ce jour, le Hezbollah dans la partie méridionale du pays avait travaillé en collaboration avec l’armée. 95 % de ses armements à proximité de la frontière avaient été démontés. Concernant l’ensemble de son arsenal, le Hezbollah adopte un ton plus ferme. Le directeur a même déclaré le jeudi 14 août que « si le conflit nous est imposé, nous sommes préparés ». La majorité des Libanais sont préoccupés par cette phrase. Évidemment, l’idée d’un nouveau conflit interne au Liban réveille les souvenirs douloureux de la guerre civile.

Il est tout aussi compliqué pour les civils de comprendre quelle pourrait être la nouvelle stratégie des responsables libanais pour stabiliser la situation à la frontière : favoriser la reconstruction, permettre le retour de dizaines de milliers d’habitants toujours déplacés des villages détruits par Israël ? Et surtout, comment maintenir le cessez-le-feu, qui a déjà été violé plus de 5 000 fois par Tel-Aviv depuis sa mise en place en novembre dernier ? Ainsi, pour le gouvernement libanais, c’est un projet en même temps colossal et extrêmement risqué.

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