La justice émet un mandat d’arrêt international contre Tariq Ramadan

Il a été absent à son procès pour viols depuis son ouverture, qui a eu lieu lundi. Le système judiciaire français a émis, le vendredi 6 mars, un mandat d’arrêt à l’encontre de Tariq Ramadan, avec effet immédiat tant pour sa diffusion que son exécution. L’islamologue âgé de 63 ans, atteint de sclérose en plaques, était hospitalisé en Suisse, comme l’ont précisé ses avocats. Cependant, son contrôle judiciaire lui impose de ne pas quitter la France sans en aviser les autorités judiciaires. Une expertise médicale, sollicitée par la présidente de la cour criminelle, a établi qu’il était apte à comparaître, conformément au rapport présenté vendredi. En raison de l’absence d’« excuses valables », la présidente de la cour a également annoncé que « Tariq Ramadan sera jugé par défaut », c’est-à-dire en son absence.
La présidente a informé l’ouverture des débats, lesquels avaient été suspendus depuis lundi, tandis que les quatre avocats de la défense se sont levés et ont quitté la salle. « Rester, c’est accepter cette parodie de justice », a affirmé l’un d’eux, Ouadie Elhamamouchi, considérant que son client faisait « une fois de plus (…) l’objet d’un acharnement judiciaire ». Sa consœur, Marie Burguburu, a jugé que la délivrance du mandat d’arrêt représentait « une forme d’exécution » à l’encontre de Tariq Ramadan.
À consulter aussi >> La salinité de l’océan Indien s’effondre
Lors de la première journée du procès, qui s’est tenue lundi, les avocats de la défense ont invoqué une suspicion d’accident vasculaire cérébral afin de justifier l’absence de leur client. Ils ont également présenté une attestation d’hospitalisation avant de solliciter un report de l’audience. La présidente de la cour avait jugé qu’elle ne pouvait pas se prononcer sur l’état de santé de l’accusé sur la base de ce seul document et avait par conséquent requis une expertise médicale de l’accusé, fondée sur les pièces fournies.
Le rapport, remis vendredi par les deux médecins mandatés par la justice française pour évaluer l’état de santé de l’accusé, parvient à une conclusion. Dans le rapport présenté lors de l’audience par la magistrate, les experts ont établi que l’islamologue souffre d’une « stabilité de la sclérose en plaques » depuis plusieurs années, « sans signe de poussée récente », et ont jugé qu’il « est en mesure de comparaître devant la cour criminelle départementale de Paris ». De son côté, la défense a envoyé vendredi à la cour un nouveau courrier émanant d’un médecin de Tariq Ramadan, dans lequel il est souligné que son patient, sorti de l’hôpital jeudi, se trouve « vidé de son énergie vitale », et il est proposé qu’il observe une « période de repos d’une semaine à dix jours » avant de comparaître.
L’islamologue suisse, actuellement jugé pour des agressions sexuelles sur trois femmes survenues en France de 2009 à 2016, est attendu pour comparaître jusqu’au 27 mars devant une cour exclusivement constituée de magistrats professionnels. Déjà reconnu coupable par la justice suisse pour un viol commis sur une autre femme, il risque jusqu’à vingt ans de réclusion criminelle et conteste les faits qui lui sont reprochés.
