La garde à vue d’une journaliste, et qui embarrasse le gouvernement

La garde à vue d'une journaliste, et qui embarrasse le gouvernement«C’est une attaque claire, nette et précise contre la liberté d’informer», s’est indignée Ariane Lavrilleux au micro de franceinfo, vendredi 22 septembre. La journaliste du média d’investigation Disclose a été placée en garde à vue, mardi, à Marseille, dans le cadre d’une enquête publiée en novembre 2021, qui révélait un possible détournement égyptien d’une opération de renseignement française dans le pays.

Après pratiquement 40 heures d’interrogatoire, Ariane Lavrilleux a été relâchée mercredi soir vers 21 heures, libre et sans poursuites à ce stade. Mais, de nombreux médias et journalistes ont fait part de leur indignation, dénonçant une «entrave inacceptable à la liberté d’informer». Interrogé sur l’affaire, le gouvernement s’est refusé à tout commentaire.

Dans cette enquête, adaptée à la télévision dans le magazine «Complément d’enquête» de France 2, le média Disclose révélait que la mission de renseignement française Sirli, lancée en février 2016 en Égypte, avait été détournée par l’État égyptien.

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«Ils cherchaient à m’intimider. Et puis surtout à savoir quelles étaient les sources avec Disclose», a raconté Ariane Lavrilleux sur franceinfo, après sa libération. «Tous mes outils de travail, dont mon ordinateur, ont été perquisitionnés. On a utilisé des outils de cybermalveillance pour fouiller mes mails. C’est une expérience très violente, d’autant plus quand on est en France, en théorie en démocratie».

Alors que seul l’article de Disclose portant sur l’opération Sirli semblait initialement au centre de l’enquête, le site d’investigations en ligne a précisé sur X que, selon ses informations, «les enquêteurs de la DGSI reprochent à journaliste d’avoir signé cinq articles sur les ventes d’armes françaises à l’étranger, publiés dans le média depuis 2019».

Un ancien militaire, soupçonné d’être la source d’Ariane Lavrilleux, a également été mis en examen jeudi à Paris. Il est accusé de «détournement» et «divulgation du secret de défense nationale», deux infractions passibles de 7 ans d’emprisonnement et d’un million d’euros d’amende.

Plusieurs ONG, telles que Reporters sans frontières et Amnesty International, ont également condamné la mesure. Des rassemblements de soutien ont eu lieu mercredi dans plusieurs villes, telles que Paris, Lyon ou Marseille.

À Paris, le secrétaire général du Parti socialiste, Olivier Faure, présent aux côtés des députés Julien Bayou et Raquel Garrido , a appelé à «constitutionnaliser le droit à la protection des sources».

Lors d’une conférence de presse, Ariane Lavrilleux a estimé que son arrestation intervenait « après des attaques» contre la liberté de la presse « qui se multiplient essentiellement sous la présidence d’Emmanuel Macron ».

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