La découverte de cités datant de 2 500 ans en Amazonie
Une découverte qui témoigne d’un monde disparu. Une étude internationale parue dans la revue américaine Science, jeudi 11 janvier, révèle l’existence du «plus grand réseau urbain d’éléments érigés et creusé connu en Amazonie».
Les traces de présence humaine dans une vallée de la plus grande forêt tropicale du monde sont désormais incontestables. Neuf spécialistes signent l’article paru jeudi.
Leurs recherches ont été dirigées par le scientifique français Stéphane Rostain, qui planche sur le sujet depuis plus de vingt ans. Il orchestre ainsi les fouilles menées dans la jungle de la vallée de l’Upano, en Equateur, depuis deux décennies.
En 2015, l’analyse par un capteur appelé Lidar a révélé la présence de 6 000 monticules sur une zone de 300 kilomètres carrés. Ce laser aéroporté permet de voir à travers la forêt et de détecter avec précision les reliefs du sol. Une image réalisée à l’aide d’un capteur Lidar, fournie par les auteurs de l’étude le 8 janvier 2024, montre une rue traversant une zone urbaine sur le site amazonien de Copueno, dans la vallée d’Upano en Equateur.
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La période durant laquelle ils ont été habités est approximative : entre 500 avant J.-C. et 300 à 600 après J.-C. C’est le peuple Upano, dont la population est estimée à une dizaine de milliers d’habitants, qui occupait ce vaste réseau urbain. Un co-auteur de l’étude, Antoine Dorison, évoque même le chiffre de 15 000 ou 30 000 habitants à l’apogée de cette civilisation. Cette configuration fait dire aux scientifiques que le peuple Upano faisait preuve d’une expertise agricole conséquente. Plusieurs mystères restent cependant encore à percer.
