Attention au dégel du permafrost, «une bombe à retardement virale et bactérienne»

Le Covid-19 était un virus inconnu, il a déboulé de Chine on ne sait toujours pas pourquoi, ni comment. D’où pourrait bien venir le prochain microbe? « Du permafrost sibérien » répond Jean-Michel Claverie, le biologiste français.

« En datant les sous-couches où ils étaient, on en a déduit qu’ils ont cohabité avec l’homme de Neandertal » explique le cofondateur du laboratoire information génomique et structurale (IGM) dont les travaux ont bouleversé la connaissance des virus…

Depuis cette découverte, la question du dégel du permafrost taraude Jean-Michel Claverie et son épouse Chantal Abergel qui se démène pour alerter sur le risque que représente le réchauffement de ces zones subarctique.

« Si on se met là-bas à creuser les couches profondes, sans aucune précaution, gare, il faut bien comprendre qu’on est en présence d’une bombe à retardement virale et bactérienne » précise Jean-Michel Claverie.

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Évidemment, le permafrost, subit le même choc thermique « Il n’y a pas meilleur réfrigérateur naturel pour la vie microbienne que le permafrost, dedans la vie microbienne y est parfaitement à l’abri de toute agression, celle de la lumière, de l’oxygène ».

C’est d’ailleurs ce qui se produit déjà : « chaque année, des couches du permafrost se dissolvent, des micro-organismes remontent des couches profondes et sont relarguées en surface, mais c’est un processus lent, si bien que l’oxygène qui est un excellent désinfectant, comme les rayons ultraviolets, ont en général le temps de les stériliser ».

« On a fait l’ADN complet d’un échantillon de terre venant du permafrost Sibérien, on y voit des profils génomiques qui évoquent ceux du virus de variole, du Nil, de la fièvre porcine, le risque est avéré » précise-t-il.

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