Gérald Darmanin veut un “statut de l’imam en France”

Gérald Darmanin veut un Gérald Darmanin a donné «six mois» aux membres du Forum de l’islam de France pour y travailler, afin que ce statut «puisse voir le jour dès la rentrée prochaine». Depuis le 1ᵉʳ janvier, la France interdit la venue de nouveaux imams détachés, qui représentaient environ 10 % des ministres du culte musulman. Quelque 300 prédicateurs étrangers, rémunérés par leur pays d’origine, étaient jusqu’ici envoyés pour quatre ans par la Turquie, l’Algérie et le Maroc dans le cadre d’accords bilatéraux avec Paris, qui entendait ainsi prévenir les dérives en accueillant des imams sélectionnés.

Les imams détachés restés sur le sol français ont jusqu’au 1ᵉʳ avril pour changer de statut administratif et espérer s’y maintenir. Certains s’y sont conformés depuis des mois, voire des années, à l’occasion d’une transition initiée en 2020, quand Emmanuel Macron avait annoncé vouloir «progressivement mettre fin au système des imams détachés». De nombreux imams turcs, eux, ont préféré rentrer au pays, selon le Comité de coordination des musulmans turcs de France. Pour l’heure, les aspirants imams partent parfois se former à l’étranger, comme le rapporte La Croix.

En France, quelques centres dispensent des formations théologiques, mais sans délivrer de diplôme unique. De plus, contrairement aux prêtres catholiques qui passent par le séminaire ou aux rabbins juifs formés à l’école rabbinique, les imams ne suivent pas tous un cursus religieux. En 2020, Emmanuel Macron avait donné six mois au Conseil français du culte musulman pour «labelliser des formations d’imams», «certifier les imams» et «écrire une charte dont le non-respect entraînera la révocation». Une «charte des principes» de l’islam de France a bien vu le jour en 2021, suivie de la création d’un Conseil national des imams, mais ce dernier est loin de faire consensus et de jouer le rôle espéré.

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«En 2023, deux nouvelles formations pour les cadres religieux musulmans se sont ajoutées aux 34 diplômes universitaires ‘laïcité, fait religieux et citoyenneté’», a relevé le ministre, y voyant des leviers pour sensibiliser les imams «au dialogue entre l’État et les cultes». Le futur statut vise enfin à mieux reconnaître les imams sur le plan économique.

«Il reste un effort à fournir pour que les croyants de France aient des cadres religieux dignement rémunérés, pleinement insérés dans la société française, avec une protection sociale digne de ce nom», a déclaré Gérald Darmanin. À l’heure actuelle, de nombreux imams exercent à titre bénévole, notamment pour le prêche du vendredi, avec un métier à côté le reste de la semaine.

Reste la question du financement, aussi bien pour former que pour salarier les imams. En mettant fin au système des imams détachés, l’exécutif a voulu réduire l’influence des pays d’origine. Mais, une possible «parade» risque d’être observée si certains États «versent une dotation à telle structure associative, qui rémunérera les imams», selon un chercheur.

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