Le championnat du monde de Formule 1 va reprendre

Un mois sans nouvelles, mais les discussions sont toujours là. Les voitures de course vont revenir sur la piste à Miami, en Floride, après l’annulation des courses à Bahreïn et en Arabie saoudite à cause du conflit au Moyen-Orient et une pause. On fait déjà un premier bilan. Après trois Grands Prix et une course sprint, quels sont les premiers avis sur les nouvelles règles en cette saison de changements importants dans la discipline ?
Un des buts du nouveau règlement était de rendre la course et le spectacle plus vivants, et à ce niveau, on peut dire que c’est réussi. Avec les changements de taille des voitures et le nouveau moteur, les monoplaces ont montré durant les trois premiers week-ends de course qu’elles pouvaient mieux se suivre. “Parmi toutes les voitures que j’ai conduites depuis 20 ans, c’est enfin une voiture qui peut suivre les autres à grande vitesse sans perdre de temps.” “On peut rester derrière”, disait Lewis Hamilton après le week-end en Chine.
A lire >> Le changement climatique entraîne une augmentation croissante du nombre de décès en Europe
« Il y a des spectacles sur la piste avec des dépassements et de l’animation. On peut voir de belles courses », Julien Simon-Chautemps, ingénieur en sports mécaniques et ancien ingénieur de l’écurie Sauber (2017-2021), pense qu’il n’est pas nécessaire de tout modifier, mais simplement de corriger ce rapport énergétique. À la fin du Grand Prix d’ouverture de la saison à Melbourne (Australie), la Formule 1 a annoncé qu’il y avait eu 120 dépassements cette année, contre 45 l’an dernier. Une tendance s’est confirmée : sur les trois premières manches de 2026, le nombre de dépassements a augmenté de 265 %.
Le début de la saison a provoqué des changements dans les classements. Par exemple, les deux meilleures équipes de l’année dernière ne sont pas, pour l’instant, en tête. McLaren, qui était le meilleur constructeur en 2025, est tombé à la troisième place sans avoir encore gagné de podium. Pendant ce temps, Red Bull, son principal concurrent l’année dernière, a chuté à la sixième place. Au contraire, Haas et Alpine, qui n’ont pas eu de podium en 2025, sont pour l’instant en 4e et 5e positions.
Mais ce nouveau règlement a aussi reçu des critiques et des points à améliorer. Les pilotes et beaucoup de fans ont critiqué le caractère artificiel des dépassements pendant les courses. Cela donne un effet de va-et-vient, où un pilote utilise un bouton pour augmenter sa vitesse, dépasse une autre voiture, mais ensuite n’a plus de batterie. Le pilote qui est derrière peut alors le dépasser à son tour en utilisant aussi un peu de sa batterie pour défendre sa position, explique Julien Simon-Chautemps.
Certaines personnes ont exprimé des regrets à propos de manœuvres de dépassement forcées causées par la voiture, comme Lando Norris qui a doublé Lewis Hamilton au Japon : « Je ne voulais même pas doubler Lewis, c’est juste que la batterie s’est activée, et je ne le voulais pas, mais je ne peux pas le contrôler. » Après un an sans conduire de Formule 1, Sergio Pérez a dit, après la course en Australie, que la voiture était « très différente de ce qu’il connaissait » : « Ce n’est pas aussi amusant qu’avant, et tout le contrôle qu’on doit faire, ce n’est pas génial ». Il y a plusieurs éléments qui, selon eux, réduisent l’importance du pilote et de sa conduite. « Je comprends que les pilotes soient frustrés, car une partie est maintenant beaucoup plus contrôlée par les ingénieurs », explique Julien Simon-Chautemps. « Cela a toujours été le cas, mais cette année, l’influence des ingénieurs sur la performance de la voiture est encore plus grande qu’avant. »
Gérer la batterie est difficile pendant les qualifications. Les pilotes doivent la recharger et faire attention même en vitesse, ce qui les ralentit. Oscar Piastri dit que c’est « contre-intuitif ». Charles Leclerc a aussi déclaré au Japon que rester constant est plus important que de prendre des risques. Cela rend les qualifications moins intéressantes, selon lui.
A lire >> Liban : Encore une journaliste tuée par une frappe israélienne
La dernière course au Japon a montré les dangers causés par de grandes différences de vitesse. C’était particulièrement vrai lors de l’incident entre Ollie Bearman, qui allait très vite, et Franco Colapinto, qui rechargeait sa batterie. « Chaque voiture aura sa propre façon de gérer la vitesse et la recharge. » […] Quand on roule à plus de 300 km/h derrière une voiture qui se recharge à 240 km/h, cela doit être étrange. Julien Simon-Chautemps dit qu’il faut essayer de diminuer ou supprimer ce genre de choses, surtout dans un virage où on ne voit rien.
Les membres ont utilisé la pause pour faire quelques changements dans les règles, surtout pour la gestion de l’énergie pendant les qualifications, afin de réduire le besoin et le temps de recharge. La puissance du « boost » a été diminuée après l’accident entre Bearman et Colapinto. Le moteur offrira maintenant une accélération minimale au départ pour éviter que les voitures soient trop proches sur la grille, comme cela s’est passé en Australie. Ces changements commenceront au Grand Prix de Miami et dureront toute la saison.
