La Norvège préfère l’achat de frégate de combat britannique

La France exclue de la commande des frégates de combat. La ville d’Oslo opte pour une décision bien définie dans le contexte géopolitique actuel particulièrement tendu. Cette déclaration du Premier ministre norvégien, Jonas Gahr Store, faite dimanche 31 août à Oslo, résonne comme un coup dur pour l’Union européenne de la Défense dans son ensemble, et pour la France en particulier. Au sein de l’Union européenne, la Norvège se distingue de ses voisins scandinaves tels que la Finlande et la Suède, en raison de son absence au sein de l’Union. En optant pour des navires de guerre britanniques, excluant ainsi ceux de l’Union européenne suite au Brexit, elle affirme sa position. Du côté français, c’est une déception pour Naval Group, le chantier naval hexagonal, acteur majeur en Europe, qui nourrissait l’espoir de vendre ses navires de défense. Nouveau revers pour l’entreprise française qui vient d’être écartée de l’appel d’offres lancé par le Canada pour un contrat portant sur une douzaine de sous-marins.
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Le Premier ministre norvégien met en avant la préférence des marins norvégiens pour les performances des navires fabriqués par le groupe britannique BAE Systems. En vérité, il s’agit d’une collaboration stratégique entre la Norvège et le Royaume-Uni. Les deux alliés entretiennent des liens étroits et la configuration géopolitique actuelle de la région a joué un rôle déterminant. On peut évoquer en particulier l’escalade des tensions avec la Russie. Il s’agit là d’un des points stratégiques majeurs le long des mers arctiques.
La Norvège entretient une frontière maritime avec la Russie dans la Mer de Barents. Dans l’ensemble, la conjoncture incite les nations de la zone à renforcer leurs moyens maritimes de défense, notamment au sein de l’OTAN, l’Alliance atlantique, dont la contribution financière des pays européens est vivement contestée par le président américain Donald Trump.
Le fait que les bateaux britanniques aient choisi la Norvège plutôt que la France s’explique franchement par des considérations géopolitiques, car les navires fabriqués par Naval Group sont réputés fiables et compétitifs. Est-ce un tort pour Naval Group d’être détenu à plus de 60 % par l’État français et à 35 % par l’autre industriel tricolore Thalès ? La Norvège, alliée politique et économique du Royaume-Uni, s’abstient de commenter cette analyse, cependant, certains observateurs insistent sur la pertinence des faits en cette période actuelle. Le groupe naval français et européen, Naval Group, voit lui échapper un contrat estimé de 11 à 12 milliards d’euros.
