Gaspillage de médicaments : “Les pharmaciens réclament le droit d’ajuster les traitements”

Un débat crucial sur la pertinence des traitements médicaux est soulevé par Philippe Besset, pharmacien d’officine et président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) et des Libéraux de santé (LBS), dans une déclaration accordée à franceinfo le vendredi 5 septembre. Cette prise de position intervient suite à la publication jeudi soir d’un rapport de la Cour des comptes mettant en lumière les coûts engendrés par les produits de santé non-utilisés et jetés.
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Selon Philippe Besset, nous devons remettre en question la pertinence des traitements. Les praticiens de la santé sont tenus de se conformer aux directives contraignantes de la Haute Autorité de santé. Les pharmaciens devraient être autorisés à ajuster les traitements en fonction de cette opposabilité.
Le président de la FSPF a précisé qu’il avait demandé cela au ministre de la Santé. Lors de notre échange, j’ai souligné l’importance de recourir à l’intelligence artificielle et à l’ensemble des référentiels opposables pour garantir l’administration du traitement adéquat en fonction de la pathologie. Philippe Besset souligne que, dans le cas de l’amoxicilline, par exemple, les boîtes sont conditionnées pour correspondre à la durée du traitement, qui est de six jours. Il s’agit de contenants parfaitement adaptés. Nous devons ajuster avec précision les traitements afin de prévenir tout gaspillage.
Le président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France plaide en faveur d’une plus grande flexibilité pour les pharmaciens, tout en soulignant la nécessité d’équiper les médecins avec des outils informatiques d’aide à la prescription. Face à la quantité impressionnante de connaissance que les médecins doivent maîtriser sur les maladies, les traitements et même le nombre de comprimés contenus dans une boîte de médicaments, il milite en faveur d’une assistance informatique.
Cependant, le pharmacien mentionne « d’autres thématiques.» Il estime nécessaire de procéder à des vérifications et à des interrogations auprès des individus afin de déterminer le contenu actuel de leur armoire à pharmacie, dans le but d’éviter toute administration de médicaments déjà en leur possession. Une piste envisageable réside dans l’exploitation du dossier médical du patient. Selon Philippe Besset, il s’agit là d’une véritable « Arlésienne ». Une présence est avérée. La prochaine étape cruciale dans le domaine de l’informatique consiste à s’assurer que les informations présentes dans le dossier médical soient intégrées dans notre logiciel professionnel. « Pour le moment, nous ne disposons pas de cette ressource», déplore-t-il. Il est prévu que ces logiciels soient adaptés, cependant le processus s’avère être très chronophage. « Nous espérons que cela sera probablement disponible l’année prochaine», déclare avec optimisme le pharmacien.
Pourtant, selon UFC-Que-Choisir, certains médicaments pourraient être utilisés bien après la date de péremption. Pourquoi ne pas prolonger cette date ?
