Une des filiales d’ArianeGroup développe une fusée réutilisable pour concurrencer SpaceX

Une des filiales d'ArianeGroup développe une fusée réutilisable pour concurrencer SpaceX
Vue dartiste de la fusée Maia © Maiaspace ArianeGroup

Un des cinq projets de fusées du futur, qui vient de recevoir une confirmation de financement de 184 millions d’euros de la part de l’Agence spatiale européenne, concerne un lanceur réutilisable. MaïaSpace est la seule entreprise installée en France à planifier son premier lancement dans un délai d’un an, à partir du port spatial de Kourou, en Guyane. Ainsi, le décompte a commencé sur le site de Vernon, situé dans l’Eure à 80 km de Paris, où la filiale d’ArianeGroup travaille de manière exhaustive sur le développement de cette fusée visant à rivaliser avec le principal acteur américain, SpaceX.

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Au sein du vaste hangar d’assemblage qui était autrefois utilisé pour les premières fusées Ariane, on trouve actuellement un imposant cylindre en acier disposé horizontalement. Selon les dires du directeur du site, Jean-Michel Sannino, ce réservoir mesure environ trente mètres de long pour un diamètre de 3,5 mètres. Ceci représente le premier étage de la fusée en cours de construction par MaiaSpace, assemblé progressivement ici, semaine après semaine, pièce par pièce. L’événement marquant de notre programme, qui s’est déroulé en septembre, a consisté en l’assemblage horizontal de tous les composants du lanceur. Ainsi, si vous aviez visité en septembre, vous auriez pu observer ce réservoir du premier étage, caractéristique d’un réservoir de premier étage.

Au niveau supérieur se trouvait la baie de propulsion qui a depuis été retirée pour être soumise à des tests mécaniques, explique Jean-Michel Sannino. Ensuite, il convient de noter qu’au sommet de cette première étape, il reste la jupe inter-étages, suivie immédiatement par le premier démonstrateur de l’étage supérieur. Ainsi, cette procédure a été réalisée afin d’instaurer le processus d’intégration du lanceur complet et de vérifier que les outillages sont conformes à leurs spécifications.

La construction de cette fusée implique également la vérification individuelle des pièces, en s’assurant de leur résistance aux chocs, à la pression, au froid et à la chaleur, ainsi que des tests des systèmes de séparation entre les étages et du développement de l’électronique embarquée. Selon Jérôme Vila, directeur du programme, cette accélération du calendrier, permise par un changement de méthode de travail, implique de réduire la durée de développement de cinq à six ans, comparativement aux huit à neuf ans habituellement nécessaires, comme cela était le cas pour le programme Ariane.

Afin d’accomplir cela, nous devons accélérer considérablement les phases de prototypage par rapport à ce qui serait envisageable dans le cadre d’un développement traditionnel, caractérisé par une période initiale prolongée dédiée à l’ingénierie, à la conception assistée par ordinateur et aux calculs, avant d’entamer la production initiale, comme l’explique Jérôme Vila. Dans ce contexte, il n’est pas envisageable d’effectuer cette tâche. Ainsi, au lieu de consacrer un temps considérable à cette phase de calculs, nous privilégierons la phase de fabrication et d’essais afin de vérifier, confirmer ou infirmer nos décisions, ce qui nous permettra de raccourcir le cycle de développement d’un produit complexe par rapport à une approche traditionnelle.

Dans le but de réaliser des économies substantielles en termes de temps et de coûts, MaïaSpace peut tirer parti des ressources déjà en place, conçues principalement par sa société mère, ArianeGroup, telles que le nouveau moteur qui vise à rendre la fusée réutilisable. Cette caractéristique est considérée comme essentielle par le PDG de l’entreprise, Yohann Leroy, qui affirme que « les futurs lanceurs devront être réutilisables, faute de quoi ils ne seront pas compétitifs ». La réutilisation dans le cas de Maïaspace permet d’augmenter le rythme de vol et de maximiser les avantages économiques qui en découlent, contribuant ainsi à renforcer sa compétitivité. L’objectif est d’afficher un tarif de transport d’environ 6 000 euros par kilogramme, semblable à celui actuellement proposé par SpaceX, qui demeure la seule entreprise à exploiter des fusées réutilisables à des fins commerciales.

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