Salariés et ex-salariés accusent le géant laitier d’avoir minoré leurs comptes pendant près de 15 ans

« Il s’agit d’une infraction d’une gravité exceptionnelle », déclare, le jeudi 19 mars, au micro d’ICI Mayenne, l’avocat représentant près de 400 salariés et anciens salariés du géant laitier Lactalis, Maître Renaud Portejoie. Ils portent des accusations à l’encontre de la multinationale, dont le siège est situé à Laval en Mayenne, l’accusant d’avoir sous-évalué leurs comptes pendant près de quinze ans et de ne pas avoir versé les montants appropriés de primes de participation à ses employés, ces montants pouvant atteindre près de 10 000 euros par salarié. En somme, le montant évoqué « s’élève approximativement de 500 à 600 millions d’euros spoliés durant cette période », déclare l’avocat.
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« Il est question de montants d’une importance considérable, avec des implications judiciaires significatives pour Emmanuel Besnier ainsi que pour les deux commissaires aux comptes convoqués à comparaître, souligne Renaud Portejoie. » Ils font l’objet d’accusations relatives à la présentation de comptes infidèles, une infraction pour laquelle il est envisagé une éventuelle incarcération, accompagnée de « centaines de millions d’euros détournés ». « Il s’agit de salariés lésés », s’indigne l’avocat.
L’avocat représentant les salariés déclare avoir « des attentes dépassant le simple espoir » quant à la possibilité de remporter cette affaire, et espère que le géant laitier sera « contraint par voie judiciaire de régulariser la situation de l’ensemble des employés du groupe ». Il affirme également être convaincu que Lactalis a commis une fraude fiscale significative s’élevant à plusieurs milliards d’euros, puisqu’« ils l’ont même admise en s’acquittant, après négociation, d’un montant de 500 millions d’euros auprès de l’administration fiscale l’année dernière ».
« Ils ont ainsi admis avoir sous-estimé leur bénéfice et avoir réduit les primes de participation dues aux salariés. Par conséquent, je suis en mesure de prouver que les comptes sont inexacts et qu’il incombe au groupe Lactalis, et à Emmanuel Besnier en particulier, de régulariser les primes envers les salariés », énonce l’avocat. « Il s’agit d’un syllogisme qui est incontestablement imparable », conclut-il. Il envisage une première date d’audience au cours des mois d’avril ou de mai, précédant un procès qu’il anticipe pour le mois de juin.
