La réindustrialisation continue de ralentir en France

La réindustrialisation continue de ralentir en France
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La création de nouveaux sites de production en France se poursuit, cependant, on observe une diminution progressive de ce chiffre au fil des mois. En d’autres termes, le solde net d’ouverture ou d’extension d’usines demeure positif, bien qu’il connaisse une diminution significative. C’est ce que révèle explicitement le baromètre élaboré par le ministère de l’Économie et des Finances pour l’année 2025 par rapport à 2024, tel que publié le dimanche 29 mars. En pratique, on a enregistré 19 nouvelles ouvertures ou extensions de sites en 2025, par rapport à 88 en 2024.

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D’après les services du ministère de l’Économie, plusieurs facteurs entrent en jeu. Le conflit au Moyen-Orient a contribué, certes, mais il convient de noter que le déclin de la réindustrialisation en France avait débuté antérieurement. La guerre en Ukraine a joué un rôle significatif, mais d’autres facteurs plus profonds et structurels sont également à prendre en considération, tels que l’intensification de la concurrence internationale, notamment avec la montée en puissance de l’Asie, qui a progressivement conquis des parts de marché en Europe. Depuis plusieurs mois, il convient de noter l’introduction de droits de douane par les États-Unis et l’augmentation des prix de l’énergie, deux facteurs qui ont un impact direct sur la compétitivité de nos industriels.

Certains domaines sont davantage impactés que d’autres. Les secteurs de la défense, de l’aéronautique et du spatial connaissent davantage de créations et d’extensions d’usines que de fermetures. Dans leur situation, le solde est excédentaire. En revanche, certains secteurs tels que les transports, la chimie, la mécanique et la métallurgie affichent des performances financières déficitaires.

Le gouvernement communique régulièrement sur des mesures visant à atténuer les conséquences, cependant celles-ci se révèlent insuffisantes. Des incitations fiscales telles que les crédits d’impôt pour l’industrie verte et les appels à projets visant à promouvoir la création d’entreprises font partie des mesures mises en place dans le cadre du plan France 2030. Cependant, cette approche s’avère limitée compte tenu du degré élevé d’incertitude qui prévaut, caractérisé par la croissance continue de la dette publique, la difficulté de l’État à réduire de manière significative ses dépenses et le maintien d’un niveau élevé de pression fiscale. Tout ceci ne favorise pas l’émergence d’initiatives dans le secteur privé, ce dernier préférant adopter une attitude attentiste en attendant une meilleure visibilité. Il n’est pas encore opportun de prendre des décisions définitives et de s’investir dans des projets indispensables mais onéreux. Les discussions auront lieu du lundi 30 mars au jeudi 2 avril lors du salon Global Industrie, rassemblant 60 000 professionnels de l’industrie à la porte de Versailles à Paris. Une conférence dirigée par le directeur de la Banque publique d’investissement, Nicolas Dufourcq, qui exprime ouvertement ses préoccupations concernant la situation en Europe, et non seulement en France.

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