Radars : les actes de vandalisme toujours plus nombreux

Depuis une période de deux mois, un radar situé à Meyrargues (Bouches-du-Rhône) n’a enregistré aucune infraction, étant complètement détruit par le feu le long d’une route départementale. Le bâtiment a été délibérément incendié deux fois de nuit, la dernière fois il y a dix jours. À une distance de dix kilomètres, un autre dispositif de contrôle de vitesse a été vandalisé de manière similaire, presque aux mêmes dates, en suivant un schéma opératoire identique : des morceaux de bois et un chiffon ont été placés autour du poteau avant d’y être incendiés.
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Dans le nord des Bouches-du-Rhône, les résidents des municipalités concernées expriment des préoccupations quant à la récurrence des incendies. Une habitante remarque : « Il y a une sorte d’épidémie à Meyrargues, les radars sont remis en service et sont déjà vandalisés le soir même. » Elle est d’avis que le nombre de radars est excessif et que leur emplacement semble motivé par des objectifs de rentabilité. Un homme avance que c’est peut-être la raison pour laquelle ils sont occultés ou brûlés.
L’enquête est actuellement menée par la gendarmerie qui a émis un appel à témoin. Certains individus utilisent les réseaux sociaux pour propager des attaques contre ces infrastructures, comme ce fut observé dans le Sud-Ouest pendant l’été 2025, ainsi qu’à Marseille (Bouches-du-Rhône). Sur les images, on observe un individu placer une bombe de fabrication artisanale au pied d’un radar.
Selon les gendarmes, ces actes de vandalisme ont un impact sur la sécurité routière. Il est indéniable qu’ils posent un problème. Selon le commandant Arnaud Boque-Lazdinis de la gendarmerie du Vaucluse, les recherches menées en France et en Europe indiquent que l’installation de radars a entraîné des changements dans le comportement des conducteurs de véhicules motorisés, tels que les automobilistes et les motocyclistes, sur les tronçons routiers où ces dispositifs ont été implantés.
Dans le département du Var, deux affaires ont été résolues durant les derniers mois. En octobre 2025, à Roquebrussane, un individu âgé de 78 ans, qui a été appréhendé en train de commettre des actes de vandalisme sur un radar, a été jugé coupable et a écopé d’une peine de quatre mois de prison avec sursis ainsi que d’une amende de 600 euros. Au début du mois de mars, un individu âgé de 27 ans a été appréhendé à proximité de Hyères. Il a été condamné à payer une amende de 500 euros et à verser 5 000 euros pour les frais de réparation.
En effet, ces dommages engendrent des dépenses conséquentes, estimées de 20 à 40 millions d’euros par an, afin de remplacer l’ensemble des radars défectueux. Ces sommes pourraient être investies dans des initiatives visant à améliorer la sécurité routière et à rénover les infrastructures, contribuant ainsi à la préservation des vies humaines. Ainsi, en fin de compte, il s’agit d’une situation où l’impact est double. Jean-Yves Lamant, président de la Ligue contre la violence routière, souligne que perturber le gouvernement n’est pas le problème, mais plutôt mettre en péril la vie d’autrui. En France, environ 15 % des 4 700 radars fixes installés sur le territoire ne sont pas opérationnels.
