En Europe, les infections sexuellement transmissibles atteignent des niveaux records

Les données rendues publiques le jeudi 21 mai par l’Agence européenne de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) révèlent des niveaux records pour l’année 2024. Il mentionne une augmentation notable des cas de gonorrhée et de syphilis, ainsi qu’une augmentation des insuffisances en termes de dépistage et de prévention. L’ECDC met en avant l’impératif de mettre en place des actions immédiates afin de freiner la diffusion du virus, en particulier au sein de la population féminine en âge de procréer.
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Les données récemment publiées signalent une hausse des infections sexuellement transmissibles (IST) d’origine bactérienne à travers l’Europe.
En 2024, le nombre de cas rapportés de gonorrhée, de syphilis et de syphilis congénitale a atteint un pic jamais observé depuis plus de dix ans, ce qui indique une transmission continue dans divers pays.
Le nombre de cas de gonorrhée a atteint 106 331, ce qui représente une augmentation d’environ 300 % au cours des dix dernières années. Le nombre de cas de syphilis a augmenté de plus de deux fois au cours de la même période, pour atteindre 45 577 cas.
La chlamydia demeure l’infection sexuellement transmissible la plus répandue, avec un total de 213 443 cas.
La prévalence des infections sexuellement transmissibles a augmenté de manière constante lors de la dernière décennie pour atteindre des niveaux records en 2024. En l’absence de traitement, ces infections peuvent conduire à des complications graves, telles que des douleurs chroniques, l’infertilité et, dans le cas de la syphilis, des problèmes cardiaques ou neurologiques, a averti Bruno Ciancio, responsable d’unité à l’ECDC, comme cité dans le communiqué de presse du jeudi 21 mai.
L’augmentation la plus préoccupante concerne la période de 2023 à 2024, où il a été observé une quasi-duplication du nombre de cas de syphilis congénitale, une maladie transmise directement aux nourrissons et susceptible de causer des complications permanentes. Il insiste sur l’importance de la prévention, en mettant en avant l’usage de préservatifs comme première mesure.
Le groupe le plus affecté par l’augmentation à long terme du nombre de cas de gonorrhée et de syphilis demeure les hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes.
Au sein de la population hétérosexuelle, on observe une augmentation de la prévalence de la syphilis, notamment parmi les femmes en âge de procréer.
Afin de renverser cette tendance, l’ECDC met en avant la nécessité pour les pays d’investir dans des services de prévention accessibles, de faciliter le dépistage, d’assurer un traitement plus rapide et de mettre en place un système d’alerte des partenaires plus efficace pour contrer la propagation.
Le Centre européen recommande vivement aux autorités de santé publique d’actualiser rapidement les stratégies nationales et de renforcer les systèmes de surveillance.
Selon le communiqué de l’ECDC, si des mesures décisives ne sont pas prises, il est probable que les tendances actuelles persistent, ce qui pourrait entraîner une détérioration des conséquences néfastes sur la santé et une accentuation des inégalités en termes d’accès aux soins.
