L’Allemagne accélère son réarmement

L’époque où l’on ridiculisait la Bundeswehr, l’armée allemande considérée comme obsolète et mal équipée, est révolue : on y trouvait des parachutistes sans casques et des commandos de marine sans installations adéquates pour s’entraîner. Après un conflit en Ukraine, la menace russe et le désengagement de l’administration Trump ont incité Berlin à reconnaître la nécessité de renforcer ses capacités militaires.
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En 2026, l’Allemagne prévoit d’allouer 124 milliards d’euros à ses dépenses de défense, ce qui représente près du double de ce que la France prévoit de dépenser dans ce domaine. Elle envisage de doubler le budget militaire dans un délai de quatre ans. Un effort considérable, financé pour la première fois par l’emprunt. La “Zeitenwende”, marquée par un changement d’ère, a été officialisée au début du mois de juillet par plusieurs déclarations significatives.
Tout d’abord, l’acquisition de missiles Tomahawk en provenance des États-Unis vise à renforcer la sécurité de l’Europe, notamment en réponse à la menace des missiles Iskander russes. Des missiles inconnus des Européens pour l’instant en termes de fabrication. Donald Trump a failli priver l’Allemagne de ces ressources en réaction aux critiques allemandes concernant son intervention militaire au Moyen-Orient. En effet, il a décidé d’annuler le déploiement des missiles Tomahawk et d’annoncer le retrait des troupes américaines stationnées en Allemagne. Cependant, il a fait marche arrière pendant la semaine allant du lundi 6 au dimanche 12 juillet, ce qui a soulagé le chancelier Friedrich Merz. Une autre annonce a été faite par le Canada, concernant l’acquisition de sa nouvelle flotte de sous-marins auprès du groupe allemand TKMS. Un contrat de grande envergure, d’une valeur de plusieurs dizaines de milliards d’euros, a été perdu par l’entreprise française Naval Group.
L’Allemagne accroît ses acquisitions, sa production et ses ventes d’armements. Cette évolution est perçue de manière ambivalente par les pays voisins. La prise de conscience à Berlin, après une période prolongée de sous-investissement, est une évolution positive : la principale puissance économique en Europe ne pouvait plus se permettre d’ignorer la question de la sécurité collective. Cependant, ses nouvelles aspirations militaires suscitent également des tensions, tandis que la montée de l’extrême droite en Allemagne ravive des souvenirs désagréables.
Il est par ailleurs noté à Paris que Berlin effectue des achats auprès d’entreprises américaines. L’autonomie stratégique européenne renommée est difficile à concilier avec l’impatience allemande de se réarmer. L’échec du Scaf, le projet d’avion de combat franco-allemand abandonné il y a un mois, a des conséquences significatives. L’Allemagne est critiquée pour agir de manière unilatérale, tandis que Paris, en raison de la supériorité financière allemande, redoute d’être laissé en arrière.
Cela fournira matière à discussion lors de la réunion du conseil des ministres franco-allemand qui se tiendra dans une semaine en Rhénanie-du-Nord-Westphalie.
(Article reformulé à l’aide d’IA)
