L’ONU craint que la Chine n’influence la gestion du musée Guimet à Paris

La responsable des droits culturels de l’ONU à Genève est préoccupée par une possible ingérence de la Chine dans la gestion du musée Guimet à Paris, d’après des informations reçues par Radio France le mardi 30 septembre. On accuse le musée national des arts asiatiques d’avoir remplacé le mot « Tibet » par “monde himalayen”, soupçonnant qu’ils ont voulu plaire à Pékin. Cette action a eu lieu en 2024, pendant le 60e anniversaire des relations entre la France et la Chine. Une affaire mise au jour par une enquête de la Cellule Investigation et de la rédaction internationale de Radio France, en novembre 2024.
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En juillet, Alexandra Xanthaki, une représentante de l’ONU, alerte la France avec une lettre de huit pages bien détaillées. Elle met en avant certains points dans ce document : est-ce que les accusations de suppression du mot dans les couloirs du musée sont vrais ? Quelles actions la France a-t-elle mises en place pour empêcher les influences externes ? Quelles actions ont été réalisées en France pour protéger la culture tibétaine ?
D’après Radio France, la France a répondu à cette lettre depuis, son bureau à l’ONU à Genève, en expliquant pourquoi elle a utilisé le mot « monde himalayen » au lieu de « Tibet». Elle promet de protéger les œuvres tibétaines dans le musée et assure qu’elle va améliorer les règles pour éviter les interventions étrangères. Le dernier texte est de 2007 et semble vieux, car la réponse française dit qu’une nouvelle version de la charte de déontologie des conservateurs du patrimoine sera publiée bientôt.
Cependant, les raisons données par la France peuvent être remises en question, d’après l’ethnologue et spécialiste du Tibet Katia Buffetrille, qui est à l’origine de cette affaire. Tout d’abord, elle dit que « les différents courriers reçus ne sont pas du tout complets». On ne mentionne pas non plus l’utilisation du nom Tubo, qui est le nom chinois pour le Tibet, utilisé lors de l’exposition Tang au musée Guimet l’année dernière, ajoute l’ethnologue. Elle dit aussi que dans le conseil d’administration du musée Guimet, « trois personnes sont très proches de la Chine». Elle déplore aussi le manque de clarté sur le financement des expositions.
En France, le musée Guimet a reçu une plainte de quatre associations pro-Tibet au tribunal administratif pour abus de pouvoir.
