Le dispositif “Alerte enlèvement” montre son efficacité

Le dispositif
Le 28 février 2006 marquait l’introduction en France du dispositif « Alerte enlèvement ». Activé en cas de disparition d’un enfant, ce mécanisme vise à diffuser un message d’alerte dans les médias, les aéroports, les gares, les autoroutes et d’autres lieux pertinents, afin de retrouver rapidement la ou les personnes disparues. Un message devrait être diffusé à intervalles de 15 minutes pendant une durée minimale de trois heures, avec la possibilité de prolonger cette période, dans le but d’alerter la population et de recueillir un maximum de témoignages.

La première activation du dispositif Alerte Enlèvement remonte à juillet 2006, après la disparition d’Emeline et Mélissa, âgées de 8 et 10 ans, à Angers. Il s’agit également d’une première réussite. Parmi les 37 déclenchements survenus durant les 20 dernières années, 35 ont abouti à la localisation des enfants sains et saufs.

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Dans la plupart des cas, ces mineurs ont été victimes d’un enlèvement commis par l’un de leurs parents. Comme ce fut le cas dans les deux affaires traitées en deux ans par le procureur de Bobigny, Eric Mathais. Il expose que le mécanisme a été d’abord inspiré du concept des États-Unis et de leur “Amber Alert”, instauré à la suite de l’enlèvement et du meurtre de la jeune Amber Hagerman au Texas en 1996. Initialement, l’accent était principalement mis sur les « enlèvements crapuleux », cependant, il a rapidement été observé que dans le cas des enlèvements familiaux, cette approche pouvait ainsi se révéler pertinente.

À chaque disparition, le procureur est tenu d’examiner minutieusement tous les éléments, de rassembler un ensemble de critères spécifiques avant de déclencher l’alerte. Il est essentiel d’évaluer si la vie de l’enfant est menacée et de vérifier la disponibilité d’indices tangibles pour lancer un appel à témoin, tels qu’une photographie ou le numéro d’immatriculation.

Le 21 février dernier, une fois toutes ces informations rassemblées, le dispositif a été activé à Bobigny suite à l’enlèvement de trois enfants âgés de 6 semaines à 2 ans à Épinay-sur-Seine. Le procureur a déclaré : « Vendredi en fin de soirée, en collaboration avec ma collègue, nous avons discuté pour déterminer la nécessité de déclencher l’alerte enlèvement ». La discussion a eu lieu avec le parquet général aux alentours de 23 heures. Cela est suivi par des discussions intenses qui se prolongent jusqu’à deux heures du matin, avant que l’alerte ne soit déclenchée une heure plus tard.

Il a dû maintenir la mobilisation jusqu’au dimanche soir. Lorsqu’on parvient à retrouver l’enfant en vie, toutes les heures consacrées, y compris les nuits blanches passées à traiter le dossier, ne sont pas regrettées. Il admet : « Mission accomplie », après avoir retrouvé le nourrisson de six semaines. Par la suite, l’alerte enlèvement a été annulée, cependant les parents ainsi que leurs deux autres enfants demeurent introuvables.

Selon le procureur, ce mécanisme permet également d’informer les autorités chargées des enquêtes au-delà des frontières de la France. En 2024, pendant la recherche de Santiago par Eric Mathais, l’alerte enlèvement activée en France a permis de localiser l’enfant aux Pays-Bas quatre jours après sa disparition.

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