Le tarif des mutuelles va bondir de 8,1 % en 2024

Le tarif des mutuelles va bondir de 8,1 % en 2024Aurélien Rousseau, le ministre de la Santé, a eu beau convoquer vendredi les acteurs du secteur pour les appeler à la modération, ce coup de semonce n’y a rien changé. Les tarifs vont augmenter de 7,3 % pour les contrats individuels, 9,9 % pour les contrats collectifs obligatoires et 7,7 % pour les contrats collectifs facultatifs, révèle ce mardi matin la Mutualité Française, se fondant sur une enquête représentative portant sur 38 mutuelles et 18,7 millions de personnes couvertes.

Face à cette levée de boucliers, les mutuelles se défendent. « Pour la moitié des contrats individuels, la hausse sera inférieure à 6,5 %, et pour la moitié de l’ensemble des contrats, la hausse sera inférieure à 6,9 %». Sur les contrats collectifs obligatoires, les 5 % les mieux lotis n’augmenteront pas, tandis que ceux qui grimpent le plus subiront un bond de 11,7 %, détaille la Mutualité. Si ces chiffres sur la hausse médiane des contrats se veulent plus rassurants, ils ne peuvent dissimuler que la hausse moyenne de la facture s’annonce bien supérieure aux années passées.

Une flambée portée par la dynamique des dépenses de santé, qui ont progressé de 6 % en 2023, loin des 3 % à 4 % prévus. «Cela témoigne des besoins de santé d’une population qui vieillit. À cela s’ajoute les revalorisations des professions paramédicales, actées lors des négociations de 2023, qu’il faut bien répercuter» justifie Éric Chenut, rappelant que les mutuelles sont obligées, par les règles prudentielles, d’être à l’équilibre et ne peuvent pas faire de déficit comme l’Assurance-Maladie. Les mutuelles invoquent aussi l’impact de réformes décidées par le gouvernement.

C’est notamment le cas de la réforme emblématique du «100% santé», promesse de campagne d’Emmanuel Macron visant à réduire le reste à charge sur les lunettes, les couronnes dentaires et les prothèses auditives. «On pensait qu’on était au plateau de l’effet 100 % santé en 2022, mais en 2023 beaucoup d’assurés ont fait faire des soins, notamment dentaires. » À cela s’ajoute aussi la décision du gouvernement de relever le ticket modérateur de 30 % à 40 % sur les soins dentaires, qui se répercute sur les complémentaires.

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L’Assurance-maladie prend en charge chaque année 300 000 à 400 000 patients en affection longue durée (ALD) supplémentaires », observe Thomas Fatôme, son directeur général. Des patients pris à 100 % par la Sécu, qui viennent donc en déduction des coûts des complémentaires.

Régulièrement épinglées sur le poids de leurs frais de gestion, qui représentent près de 20 % des sommes collectées, les mutuelles rappellent qu’elles ont des coûts de conquête et de fidélisation des assurés incompressibles, et que leurs frais de gestion ont déjà baissé de 2 % de 2019 à 2021. Et, le scénario d’une « grande Sécu – visant à fusionner Assurance-maladie et complémentaires – un temps envisagé pour mettre fin à ce système de double remboursement a vite été refermé, les mutuelles rappelant au passage que les Français bénéficient du plus faible reste à charge sur les frais de santé en Europe. »

Le déficit de l’Assurance Maladie atteindra 11 milliards dès l’an prochain et 17 milliards en 2027. Une trajectoire inquiétante, face à laquelle tous les acteurs du système de santé réclament la mise en place d’une trajectoire pluriannuelle, donnant de la visibilité et de la lisibilité.

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