Il y a trois fois plus de suicides chez les hommes, deux fois plus chez les plus pauvres

Il y a trois fois plus de suicides chez les hommes, deux fois plus chez les plus pauvres
Une étude sur les disparités sociales en matière de suicide a été publiée par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees). Cette étude repose sur une source originale qui permet de croiser les causes médicales de décès, le niveau de vie, le lieu de naissance et les caractéristiques sociales d’un vaste échantillon représentatif de la population.

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Les hommes sont davantage touchés par le taux de mortalité dû au suicide (2,1 % de tous les décès masculins contre 0,7 % des décès féminins). Cette question est caractérisée par une importante disparité sociale défavorisant les individus les plus modestes, qu’ils soient des femmes ou des hommes. Entre 2011 et 2021, on observe une variation du taux de suicide moyen chez les femmes, passant de 9,0 pour 100 000 habitants parmi le premier décile le plus modeste en termes de niveau de vie (D1) à 4,1 pour 100 000 parmi celles appartenant au dernier décile le plus aisé (D10). Pour les hommes, cette variation est de 25,7 à 11,3 pour 100 000 entre ces deux déciles de la population, comme illustré dans le graphique ci-dessous. Cette disparité sociale persiste lorsque toutes les autres caractéristiques sont égales, et elle est associée à la nature discréditante et stigmatisante de la pauvreté contemporaine, laquelle affaiblit les liens sociaux essentiels à la préservation de la santé mentale.

Le lieu de naissance des individus est fortement associé au risque de décès par suicide, avec une prévalence plus élevée chez les hommes nés dans l’Ouest de la métropole, en particulier les Bretons, tandis que les hommes nés à l’étranger, notamment en Afrique subsaharienne, présentent un risque moindre de décès par suicide. Les disparités géographiques sont moins prononcées parmi la population féminine, cependant les femmes nées en Bretagne et en Normandie présentent un taux de suicide significativement plus élevé que la moyenne, contrairement aux femmes d’origine africaine.

La prévalence élevée d’immigrés parmi les couches socio-économiques les plus défavorisées atténue la relation entre la pauvreté et le suicide. En se concentrant sur les individus nés en France, on observe une augmentation de l’écart entre les 10 % les plus pauvres et les 10 % les plus riches, ces derniers présentant des taux de suicide environ trois fois plus bas que les premiers, tant chez les hommes que chez les femmes.

De plus, un élément de risque associé à la vie en milieu rural et à la distance par rapport aux centres urbains se manifeste, en particulier chez les hommes : quelle que soit la catégorie socioprofessionnelle, on observe une augmentation des taux de suicide à mesure que la taille de la commune diminue.

Les hommes âgés de plus de 25 ans exerçant des professions agricoles, des postes d’employés ou d’ouvriers présentent un risque accru de suicide de 40 %, 30 % et 29 % respectivement par rapport aux cadres et aux professions intellectuelles supérieures, tout en maintenant des caractéristiques socio-économiques similaires. Concernant les femmes, on constate peu de variations significatives en fonction de la catégorie professionnelle, à l’exception des cadres ou anciennes cadres de plus de 65 ans qui affichent un taux de suicide légèrement plus élevé.

Une autre disparité de genre manifeste réside dans le fait qu’un niveau élevé de formation est corrélé à une diminution du risque de suicide chez les hommes, tandis que cette relation n’est pas observée chez les femmes.

Les analyses concernent un échantillon représentatif de la population française. Par conséquent, il est difficile d’évaluer de manière précise les taux de suicide pour les professions regroupant un nombre limité d’individus. Certains groupes de la population, tels que les forces de l’ordre et les militaires, affichent des taux de suicide élevés, bien que les données disponibles ne permettent pas d’établir de manière concluante que ces risques sont nettement plus élevés que la moyenne.

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La survie du conjoint est associée à un risque de suicide doublé chez les femmes et multiplié par neuf chez les hommes ; ce phénomène semble jouer un rôle significatif dans la surmortalité due au suicide chez les hommes de plus de 65 ans. De manière plus générale, les individus veufs, célibataires ou divorcés ont des taux de suicide plus élevés que ceux en couple, à un âge similaire. En revanche, la présence d’enfants et la cohabitation en couple diminuent le risque. Cependant, les études révèlent des disparités entre les genres : la situation conjugale est principalement liée à un risque de suicide plus bas chez les hommes, tandis que chez les femmes, la présence d’enfants est davantage associée à une réduction du risque de suicide.

La présence d’un trouble psychiatrique est un facteur de risque notable, avec des taux jusqu’à trente fois plus élevés chez les individus concernés par rapport à la population générale, en particulier pour les troubles addictifs, la bipolarité, les troubles anxieux et dépressifs. De 2015 à 2020, 50 % des cas de suicide parmi les sujets de l’étude ont été associés à des individus présentant vraisemblablement un trouble psychiatrique, bien que des disparités significatives aient été observées en fonction du genre. Cependant, malgré la prise en considération de ces facteurs de risque, les associations entre le niveau socio-économique, la catégorie professionnelle et le suicide persistent.

Source : https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/publications-communique-de-presse/etudes-et-resultats/260129-suicide-hommes-modestes-france

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