La prostitution des mineurs est en augmentation régulière depuis cinq ans

La prostitution des mineurs est en augmentation régulière depuis cinq ansLes chiffres précis à l’échelle des régions sur le proxénétisme des mineurs n’existent pas. Le gouvernement lance une campagne auprès des adolescents. En France, chaque année, entre 7 000 et 10 000 enfants seraient victimes de prostitution, une évaluation approximative et probablement en deçà de la réalité.

À Besançon dans le Doubs, ce phénomène de prostitution des mineurs est bien identifié. Même dans cette petite ville de 118 000 habitants, des jeunes filles se prostituent.

“Je pense que cette prostitution s’est accentuée” explique le brigadier en charge de la lutte contre le proxénétisme à l’antenne de la police judiciaire de Besançon. Les proxénètes sont souvent de jeunes délinquants des quartiers, déjà connus de la justice. Les jeunes filles se prostituent quelques semaines, quelques mois.

Selon une étude menée par le ministère de la Santé, la prostitution des mineurs est en augmentation régulière depuis cinq ans. « La police et la gendarmerie ont recensé 400 mineures victimes de proxénétisme en 2020 contre 206 en 2019, 205 en 2018, 170 en 2017 et 116 en 2016 ». Une progression de 70 % en cinq ans en France.

« La prostitution des mineurs commence toujours de la même manière. » Lancé en novembre 2021, le premier plan national de lutte contre la prostitution des mineurs prévoit un engagement financier de 14 millions d’euros pour lutter contre ce fléau.

La prostitution s’est banalisée, c’est la « glamourisation » de la marchandisation du corps, parfois appelées « effet Zahia », du nom de cette ancienne prostituée reconvertie avec succès dans le cinéma. « Le tabou sur la prostitution se lève et révèle alors des situations jusqu’à présent inconnues.

Avant les proxénètes étaient des dealers de drogues, maintenant ils ne font que de la prostitution, c’est plus simple, moins contraignant même s’ils prennent plus cher lors des condamnations » explique Bérangère Wallaert, déléguée générale de l’association ACPE, Agir contre la prostitution.

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