L’Europe veut muscler sa défense et s’affranchir des États-Unis

«Les critères d’éligibilité européens sont similaires et il est normal que l’argent européen aille aux firmes européennes», insiste un responsable européen. Même le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, l’a reconnu : «Les pays de l’Otan non membres de l’UE ne peuvent pas prétendre aux financements européens», a-t-il déclaré lors de la réunion des ministres de la Défense de l’Alliance le 7 juin à Bruxelles.
Washington commence à s’inquiéter des velléités d’autonomie des Européens et les presse de plus en plus ouvertement d’acheter américain pour respecter leur promesse de consacrer 2% de leur PIB aux dépenses de défense de l’Alliance atlantique en 2024.
«La compétition entre les industriels de la défense n’est pas nouvelle, mais les pressions exercées par les États-Unis pour faire acheter des équipements américains deviennent problématiques», reconnaissait récemment un haut responsable de l’Otan à Bruxelles.
La somme de 13 milliards est symbolique, mais elle constitue un premier pas vers une Europe de la défense plus intégrée, un sujet longtemps tabou. Sans poser le principe d’une «préférence communautaire», l’exécutif européen suggère des conditions d’éligibilité qui vont écarter les firmes des pays tiers, américaines et britanniques notamment.
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