Quel constat et quelles perspectives pour dynamiser le secteur de l’immobilier neuf ?
Selon la Fédération des promoteurs immobiliers de France (FPI), malgré une légère amélioration dans l’octroi des permis de construire, le secteur de l’immobilier neuf demeure en berne. Les chantiers peinent à démarrer, les réservations de logements sont en recul de 9 % sur un an et les prix demeurent élevés.
Il est à noter qu’il faut débourser en moyenne 5 200 € par mètre carré pour l’achat d’un appartement neuf. La diminution du nombre de candidats à l’acquisition, l’allongement des délais de vente et l’arrêt de nombreuses transactions immobilières pour des raisons économiques sont des tendances observées sur le marché actuel.
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Plusieurs pistes sont envisagées : stimuler l’accession à la propriété pour les primo-accédants et attirer de nouveau les investisseurs sur le marché. Pour les aspirants propriétaires de logements neufs, le Prêt à Taux Zéro est une option à considérer. Déployé à l’échelle nationale depuis le mois d’avril, le PTZ, prêt à taux zéro, offre la possibilité de financer 30 % du coût d’achat d’une maison neuve et jusqu’à 50% pour l’acquisition d’un appartement neuf. Il s’agit d’un levier qui peut également être cumulé avec d’autres aides.
Afin de stimuler l’investissement des particuliers dans le secteur immobilier neuf, l’espoir réside dans la création d’un statut spécifique pour les bailleurs privés. Le concept : accorder à l’investisseur une place prépondérante en tant qu’acteur économique à part entière. Cet investisseur, en acquérant un bien qu’il destine à la location, contribue à la construction de logements et à l’hébergement de famille, d’étudiants, etc. Le projet, né d’un rapport parlementaire (Daubresse/Cosson) et offrant en prime un système d’abattement fiscal, bénéficie du soutien de la ministre actuelle en charge du Logement. Verra-t-il le jour ? Au regard du contexte politique actuel, rien n’est certain.
On assiste actuellement à l’émergence des opérations en Bail Réel Solidaire (BRS), proposant la possibilité de séparer le terrain du bâti. Nous détenons la propriété des murs, mais non du terrain. Avantage non négligeable : les prix des logements proposés sont initialement de 20 à 50 % inférieurs à ceux du marché.
Par ailleurs, comme l’ont souligné cette semaine le Salon de l’immobilier bas-carbone à Paris et le Congrès national du bâtiment durable à Lille, il est indéniable que le secteur est en pleine évolution.
Il est primordial de faire preuve d’innovation, tout en sachant également s’adapter. Imaginons de nouveaux modèles. La tendance actuelle est à une intervention croissante sur ce qui existe déjà. Considérer l’environnement. Réfléchir à l’intensité d’utilisation. Mettre un terme au gaspillage des mètres carrés inexploités. Rénovation, réhabilitation, transformation : tel est l’objectif visé lorsqu’il s’agit de convertir d’anciens bureaux inoccupés en logements ou en espaces commerciaux. Inventer de nouveaux espaces de vie, anticiper la réversibilité dès la phase de conception des projets.
L’avenir du neuf pourrait bien résider dans l’ancien. En attendant, les besoins en logements persistent. Face à un triple défi se dressant devant nous : la création de logements respectueux de l’environnement, favorisant l’inclusion sociale et restant abordables sur le plan économique. Le grand défi est de ne plus construire pour préserver notre pays et plus globalement notre planète !
