Les biologistes ont identifié l’assassin de milliards d’étoiles de mer
Des chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique ont finalement identifié le coupable derrière le massacre des étoiles de mer. Leurs recherches ont été rendues public le lundi 4 août dans la prestigieuse revue Nature Ecology and Evolution. Voilà maintenant une décennie que ce tueur en série opère dans le Pacifique Nord. Depuis son installation, plus de 5,8 milliards d’étoiles de mer ont mystérieusement disparu. Les rares rescapées retrouvées avaient été atrocement mutilées, leurs corps réduits en bouillie.
Plusieurs théories ont été avancées, évoquant successivement un virus, un prédateur invasif ou une pollution chimique. Des hypothèses ont été avancées pour déterminer l’auteur de l’une des plus grandes tueries animales de tous les temps, mais aucune n’était convaincante jusqu’à récemment, alors que l’enquête avançait.
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Le réchauffement climatique n’est pas le principal responsable, mais il joue un rôle complice. Avec une augmentation allant jusqu’à quatre degrés ces dernières années, l’océan Pacifique connaît une hausse de température significative, favorisant ainsi la prolifération d’un tueur redoutable : une bactérie récemment identifiée par les biologistes en août. Elle appartient à la redoutable famille du choléra, et répond au nom de Vibrio pectenicida. Dès que l’eau atteint une température élevée, ce microbe se multiplie rapidement, pénètre dans l’étoile de mer et altère ses tissus au point que ses bras se détachent littéralement, scellant ainsi son destin.
Pour éradiquer ce fléau, aucun vaccin ne sera disponible, car il ne s’agit pas d’un virus. Cependant, des laboratoires sont déjà à pied d’œuvre pour trouver des solutions, telles que la réintroduction de souches d’étoiles de mer résistantes ou la manipulation du microbiote de l’animal afin de renforcer son immunité contre la maladie.
Le sauvetage de ces étoiles de mer revêt une importance capitale, bien que leur apparence inactive et lente puisse prêter à confusion, elles jouent un rôle crucial en tant que gardiennes de l’océan. Les étoiles de mer se révèlent être de redoutables prédateurs pour les organismes moins rapides qu’elles, notamment les oursins. Lorsqu’ils se font rares, les oursins se multiplient à une vitesse fulgurante, se nourrissant voracement de toutes les algues qu’ils croisent, anéantissant ainsi les forêts de kelp, de véritables écosystèmes foisonnants. La déforestation sous-marine représente un véritable désastre pour l’ensemble des espèces qui y trouvent refuge, notamment pour des poissons qui nous tiennent à cœur tels que le colin d’Alaska ou les saumons du Pacifique.
Lorsque le poisson figure au menu, il est essentiel de se rappeler que les étoiles de mer y ont contribué en partie.
