Des chercheurs français utilisent le lama pour soigner la schizophrénie

Selon une étude publiée dans la revue scientifique de renommée mondiale Nature le mercredi 23 juillet, des scientifiques français exploitent des nanocorps – des anticorps de petite taille dérivés des lamas – pour lutter contre les troubles liés à la schizophrénie.
Ces nanocorps, repérés chez des camélidés comme le lama, le dromadaire ou le chameau, sont dix fois plus petits que les anticorps humains tout en gardant leur rôle primordial dans la lutte contre les maladies. « Nous avons extrait ces anticorps du lama et ensuite, grâce à la biotechnologie, nous sommes en mesure de les produire aisément en laboratoire», déclare Jean-Philippe Pin, directeur de recherche au CNRS. Grâce à leur taille réduite, ils peuvent cibler avec exactitude des structures biologiques qui ne sont pas accessibles aux anticorps traditionnels.
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Des chercheurs de l’Institut de génomique fonctionnelle de l’université de Montpellier ont découvert que l’administration de ces nanocorps à des souris atteintes de symptômes schizophréniques – comme les hallucinations, les délires ou les états dépressifs – produisaient des résultats positifs. « Nous avons découvert que ces anticorps de petite taille peuvent pénétrer le cerveau et y exercer leurs effets pendant plus d’une semaine », déclare Jean-Philippe Pin.
Une amélioration notable par rapport aux médicaments antipsychotiques existants, dont l’effet est restreint à quelques heures et qui requièrent plusieurs doses par jour. « Pour un suivi à long terme, c’est une approche très attendue dans ce genre de troubles psychiques », met en avant le chercheur du CNRS. Les chercheurs espèrent obtenir un financement pour réaliser des tests sur l’homme et élaborer un traitement. D’autres scientifiques français étudient les potentialités des nanocorps pour combattre certains symptômes liés à la maladie d’Alzheimer.