Nos anciens alliés, les États-Unis menacent l’Europe de limiter les livraisons de gaz

Donald Trump envisage-t-il de suspendre l’approvisionnement en gaz destiné aux pays européens ? L’administration américaine envisage, en tout état de cause, de limiter les livraisons de gaz naturel liquéfié (GNL) dans l’éventualité où l’Europe refuserait l’accord relatif aux droits de douane. Un accord sur lequel le Parlement européen est appelé à se prononcer le jeudi 26 mars.
S’il ne s’agit pas de chantage, cela constitue néanmoins un avertissement particulièrement explicite. L’ambassadeur américain auprès de l’Union européenne, Andrew Puzder, met en garde que si l’Europe souhaite assurer sa survie économique, elle doit impérativement disposer d’énergie. Lors d’une interview accordée au Financial Times, il sous-entend, de manière implicite, qu’il pourrait limiter l’accès au gaz américain dans l’éventualité où le Parlement européen viendrait à rejeter cet accord commercial avec les États-Unis.
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« Les conditions ne seront pas aussi propices », avertit l’ambassadeur désigné par Donald Trump. En d’autres termes, les approvisionnements en gaz destinés à l’Europe seront plus coûteux et de moindre envergure. L’émissaire américain met en garde en déclarant : « Il existe d’autres acteurs sur le marché », sous-entendant ainsi la présence d’autres clients en dehors des Européens. À cet égard, il fait référence aux nations asiatiques. Jusqu’à présent, l’Asie s’approvisionnait principalement en gaz en provenance du Moyen-Orient. Cependant, avec le détroit d’Ormuz pratiquement obstrué, les nations asiatiques pourraient envisager de se tourner vers l’approvisionnement en gaz américain.
Les États-Unis se trouvent ainsi en situation de prééminence pour exercer une forme de pression énergétique. Un sujet qui mérite une réflexion approfondie de la part des députés européens. Une fraction de ces individus envisage de refuser l’accord relatif aux droits de douane avec les États-Unis. Le texte, négocié et ratifié par la Commission européenne, stipule l’instauration d’une surtaxe de 15 % sur la majorité des marchandises en provenance d’Europe. Il anticipe également que l’Europe procède à l’acquisition d’énergie américaine pour un montant de 750 milliards de dollars d’ici à l’année 2028.
Depuis que l’Europe a pris la décision de réduire progressivement sa dépendance au gaz russe, elle a compensé cette diminution en augmentant considérablement ses achats auprès des États-Unis. Elle est donc devenue davantage dépendante des États-Unis à cet égard. Les importations de gaz en provenance des États-Unis ont connu une multiplication par quatre de 2021 à 2025. Elles constituent désormais un quart de notre consommation, se plaçant ainsi derrière la Norvège, qui en représente environ 30 %.
Concernant le gaz naturel liquéfié (GNL), qui est ce gaz liquéfié acheminé par voie maritime plutôt que par gazoduc, la part des États-Unis se révèle prépondérante : plus de 60 % du GNL consommé en Europe provient des États-Unis. De surcroît, notre dépendance pourrait se renforcer davantage, puisque la Norvège a déjà atteint le seuil maximal de ses capacités d’exportation. Washington est pleinement conscient de cette dépendance et semble résolu à en tirer parti lors des négociations commerciales.
Il est plus que temps que l’Europe devienne indépendante de la Russie mais également des USA, et pas uniquement sous le mandat de Trump mais dans l’avenir. Il en est de notre indépendance énergétique, mais aussi alimentaire.
