Donald Trump vise principalement l’Allemagne avec sa taxe à 25 % sur les véhicules européens

Le 1ᵉʳ mai, Donald Trump a déclaré une augmentation des tarifs douaniers sur les voitures européennes importées, ce qui pourrait raviver les tensions dans la guerre commerciale entre les deux continents. Cette taxe, dont le taux augmenterait à 25 %, devrait être mise en place à partir du lundi suivant, le 11 mai.
Le président des États-Unis reproche à l’Union européenne de ne pas honorer l’accord commercial conclu avec Washington durant la période estivale. Une stratégie adoptée par le président américain pour inciter les Européens à assumer les conséquences de leur manque de soutien lors de son intervention en Iran, tout en les mettant sous pression alors qu’il fait face à des difficultés au Moyen-Orient.
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Cette mesure cible principalement l’Allemagne, dont les exportations de véhicules vers les États-Unis s’élèvent à environ 450 000 unités par an. Il n’est pas fortuit que Donald Trump fasse cette déclaration peu de temps après un différend avec le chancelier allemand Friedrich Merz. Ce dernier a affirmé que les États-Unis ne semblent pas avoir de stratégie claire en Iran, en même temps qu’il a fait l’éloge de l’habileté des négociateurs iraniens. Deux jours après, Donald Trump a répliqué en suggérant que le chancelier allemand devrait réduire son implication dans les initiatives visant à contrer la menace nucléaire iranienne, afin de se concentrer davantage sur la résolution du conflit entre la Russie et l’Ukraine, un domaine où il a été jugé inefficace. Le jour suivant, Friedrich Merz a tenté de calmer les tensions en exprimant que l’Allemagne et l’Europe subissent les répercussions importantes du conflit au Moyen-Orient, mettant en avant l’importance d’un « partenariat transatlantique fiable ».
Cependant, Donald Trump n’a pas cédé à la pression et cette augmentation des droits de douane représente un sérieux revers pour l’économie allemande et son secteur automobile. Selon l’institut allemand de Kiel, elle pourrait entraîner une perte pouvant atteindre 15 milliards d’euros. Toutefois, l’Italie, la Suède et la France seront également affectées par cette situation. La taxe supplémentaire aura un impact négatif sur Stellantis, qui fait entrer aux États-Unis des véhicules Alfa Romeo, Fiat et Maserati. Alors que la société franco-italo-américaine est déjà confrontée à des difficultés, cette annonce constitue une nouvelle particulièrement préoccupante.
Les Européens sont conscients qu’il est inutile de réagir de manière excessive à chaque provocation du président américain. Cependant, ils peuvent répondre, car l’accord commercial conclu l’été dernier avec les États-Unis – celui que Donald Trump estime n’avoir pas été respecté par les Européens – n’a en fait pas été approuvé par les Européens. Ainsi, les Européens peuvent remettre en cause l’intégralité du compromis, allant bien au-delà de la seule question des voitures.
Il reste à déterminer si l’Allemagne, qui plaide déjà en faveur d’une réduction des tensions avec Washington, va s’aligner. Le président de la Commission du commerce international a exprimé ce week-end son opinion selon laquelle « devant un partenaire aussi peu fiable, l’Europe n’a d’autre choix que de réagir avec détermination ». Dans l’éventualité où cela se produirait, cela pourrait déclencher une guerre commerciale d’envergure.
