Le vison d’Europe, réintroduit en milieu naturel pour la première fois en France

Le vison d'Europe, réintroduit en milieu naturel pour la première fois en France
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L’Office français de la biodiversité (OFB) s’est réjoui le lundi 25 août que, le 7 août, cinq visons d’Europe nés en captivivité ont été réintroduits dans leur habitat naturel en Charente et en Charente-Maritime. Trois autres ont rejoint fin août, tandis que les deux derniers viendront au début de septembre.

Selon la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), cette espèce classée « en danger critique d’extinction » a besoin d’un soutien urgent. Selon l’OFB, « autrefois très présent en Europe, le vison d’Europe a vu sa population diminuer de 90 % durant le XXe siècle », ce qui est attribué à la destruction de son habitat, l’introduction du vison d’Amérique qui lui fait concurrence, la chasse pour sa fourrure et les accidents de la route. En France, on dénombre probablement moins de 250 individus, principalement situés en Nouvelle-Aquitaine. « Il s’agit du mammifère le plus en danger d’Europe, il est menacé plus que le panda géant. Il vit aussi tout près de chez nous », avertit Yann de Beaulieu, responsable du service connaissance à la direction régionale Nouvelle-Aquitaine de l’OFB, dans une déclaration à franceinfo. « Il existe une espèce présente en France qui risque de s’éteindre si aucune action n’est entreprise. »

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Il est donc essentiel de la préserver. Sous son apparente sympathie, l’espèce joue un rôle crucial dans son écosystème, l’OFB la désignant comme une « sentinelle de la qualité des zones humides ». Le vison européen a une préférence pour les zones marécageuses et les rivières, il ne s’éloigne que très rarement à plus de 150 mètres et évite les endroits pollués ou dégradés. « Sa présence indique des cours d’eau sains, des rives végétalisées et des corridors écologiques opérationnels », précise l’Office dans un dossier dédié à cette question.

Ce dispositif de protection profite également à d’autres espèces présentes dans cet habitat, comme la loutre, une multitude d’oiseaux y compris le martin-pêcheur ou le héron, des amphibiens et même des poissons. C’est ce qui qualifie le vison d’Europe de « espèce parapluie ». Elle est par ailleurs bénéfique pour les hommes : « Les zones humides aident à contrôler les températures, à absorber de grandes quantités d’eau lors de fortes pluies afin de prévenir les inondations, ou encore à purifier l’eau », dit Yann de Beaulieu. Dans un contexte de changement climatique et d’escalade des épisodes météorologiques extrêmes, cela représente une multitude de défis critiques.

Le vison d’Europe contribue aussi à l’équilibre des populations dans ces environnements. Il s’alimente aussi bien de petits mammifères, de poissons, d’amphibiens, d’oiseaux que de crustacés, en fonction des opportunités disponibles et des proies les plus répandues à son entourage. Et il excelle en matière de chasse. Par conséquent, il joue un rôle dans la régulation des espèces qui pourraient devenir envahissantes. Yann de Beaulieu mentionne les campagnols et les rats, « deux espèces qui peuvent avoir plusieurs portées chaque année et dont la population peut croître rapidement, entraînant des dommages ».

Un exemple plus actuel, lors de la réintroduction en milieu naturel à laquelle il prend part : « nous avons démontré qu’un de ces individus se nourrit d’écrevisses de Louisiane, une espèce envahissante exogène qui prolifère et dégrade considérablement la biodiversité ».

Il s’agit d’une espèce menacée d’extinction à l’échelle globale. « Si nous ne prenons pas de mesures, elle pourrait disparaître de la surface terrestre », insiste-t-il. Yann de Beaulieu est en accord. Étant donné la vulnérabilité de l’espèce, l’issue positive du programme de réintroduction actuel n’est pas assurée. « Nous avons décidé d’essayer tout de même, l’inaction nous semble hors de question. » Nous aurions d’énormes remords à voir cette espèce disparaître sous nos yeux.

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