Un établissement spécialisé pour les éléphants de cirque à la retraite

Les animaux sauvages devront avoir quitté les cirques itinérants dans moins de trois ans, conformément à la loi française. Mais, pour se rendre où ? Depuis quatre ans, dans le Limousin, des éléphants qui ont travaillé au zoo sont accueillis dans un sanctuaire unique en Europe, dédié à ces pachydermes, qui viennent y finir paisiblement leur vie. Une maison de retraite pour éléphants située en Haute-Vienne, à Bussière-Galant.
Un lieu paisible et verdoyant situé à 35 km au sud de Limoges. Derrière un portail élevé, une équipe de passionnés se trouve. Sofie Goetghebeur, une femme de ménage flamande, est à l’origine de cette nouvelle fenêtre, un paradis des éléphants, en collaboration avec son compagnon Tony. Un abri pour Delhi et Gandhi, deux femmes élégantes à la retraite.
Les noms des deux femelles sont indiens, mais « c’est un hasard, c’est amusant», s’amuse Sofie. Effectivement, les deux éléphantes asiatiques se sont croisées dans ce sanctuaire il y a trois ans, après de longues carrières au zoo, en Bretagne pour l’une, en République tchèque pour l’autre.
Delhi, elle a 42 ans, Gandhi, « elle aura bientôt 56 ans», poursuit la soigneuse. Ce n’est pas très âgé pour un éléphant, « dans la nature, nous avons des éléphants âgés de 60, 70, voire 80 ans, mais en captivité, 50 ans, c’est déjà assez vieux». Delhi marche avec un peu de difficulté, Gandhi souffre beaucoup.
Les éléphants présentent des difficultés de santé. De l’arthrose, de ce type de situations. C’est l’âge, comme nous. Il s’agit donc également d’un centre de santé. Sofie Goetghebeur, responsable et créatrice d’Éléphant Haven, a été interviewée par franceinfo.
Ce jour-là, la plus âgée des deux reçoit un bain de pieds après une brève intervention. Gandhi avait “un morceau de bois qui s’était coincé sur son ongle”. Après avoir été soigné, le pachyderme place sa patte dans une grande bassine tout en prenant, de sa trompe, des bananes et des concombres. “On leur donne également des douches.” Et même des séances de massage. « Elles apprécient ces soins », s’exclama la soigneuse.
Sofie et Tony ont passé 20 ans à travailler dans des parcs animaliers avant de créer cet Ehpad pour éléphants, car il n’y avait aucune structure similaire en Europe. Selon Sofie, il est impossible de réaliser un retour des deux pachydermes au Vietnam et en Thaïlande, où elles ont vu le jour. « Gandhi, en particulier, ne pourrait pas survivre au transport. »
De plus, elles ont réussi au Limousin. Il y a « une quantité considérable d’eau, c’est essentiel.» « Du foin, des arbres comestibles, aussi», s’enthousiasme encore Sofie, qui reconnaît que « c’est toujours une expérience de captivité, mais» l’établissement n’est « pas accessible au public.» Néanmoins, les deux soignants tentent « de mettre en place des formations ouvertes afin d’engager des personnes».
Le site est d’une superficie totale de 29 hectares, mais il en faudrait davantage. D’autant plus qu’il y a eu une dispute récemment. Selon Sofie, au départ, les deux éléphantes étaient de bonnes amies. Il y a quelques semaines, Gandhi a mené une attaque contre Dehli. Il est donc essentiel d’avoir suffisamment d’espace pour elles. Les deux soignants sont en conséquence en train de se développer. Par ailleurs, nous avons bénéficié du soutien du gouvernement, mais actuellement les subventions sont suspendues en raison de la situation budgétaire en France.
Le sanctuaire des éléphants fait alors appel aux dons des individus avec une certaine priorité. Les zoos et les cirques européens font des demandes abondantes, souhaitant confier leurs vieux éléphants à Sofie et Tony.
